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La BCE adaptera son langage sans changer de stratégie

Aujourd’hui la BCE dans l’annonce de sa décision sur sa stratégie de politique monétaire devrait se contenter de changer un peu son langage afin d’intégrer son nouvel objectif d’inflation, mais ceci ne devrait pas changer les actions qu’elle mène pour garder une politique ultra accommodante. En effet, le nouvel objectif d’inflation de 2%, avec la possibilité de le dépasser très temporairement, devrait être introduit dans la déclaration de politique économique. Elle abandonnerait ainsi la formulation particulière qu’elle avait de son objectif d de taux d’inflation « proche de 2%, mais inférieur ».

Le nouvel objectif vise évidemment à mieux ancrer les anticipations d’inflation, à des niveau plus élevés que celles excitantes aujourd’hui. Evidemment, ceci ne sera pas simple après la longue période qui vient de s’écouler depuis la crise Européenne à la sortie de la crise financière de 2008-2009, qui a infligé à la zone un choc inflationniste massif. Ainsi, sur les 100 derniers mois nous avons vu l’inflation se situer à 2% en glissement annuel moins de 10% des fois. Bref, ré-ancrer les anticipations d’inflation à un niveau plus élevée ne sera pas simple. Néanmoins, en se donnant plus de souplesse et d’une certaine façon rehaussant à la marge son objectif d’inflation elle peut avoir un impact sur les anticipations.

En même temps, il faudra pour cela qu’elle adopte un politique qui lui permette d’aller dans ce sens.

Pour ce qui est de la réunion d’aujourd’hui, il est difficile de penser qu’une politique plus agressive que celle déjà en place sera adopté, y compris, par exemple, par l’augmentation de ses achats d’actifs. Une des raisons, est que le compromis trouvé pour changer de stratégie concernant l’objectif d’inflation doit tout de même respecter l’équilibre des sensibilités différentes dans l’institution, notamment respecter les gouverneurs plus conservateurs (hawks) qui ne voudraient pas, à ce stade, en faire davantage. On peut faire confiance à Mme Lagarde de respecter cet équilibre.

Néanmoins, il est probable que Mme Lagarde va insister sur la nécessité de garder une politique accommodante, notamment des taux directeur inchangés, jusqu’à ce que l’inflation s’approche du nouvel objectif de manière durable. En rehaussant, même à la marge le taux d’inflation, on peut en déduire que le temps nous séparant de la première hausse des taux peut donc être plus lointaine que prévu précédemment.

Ceci est d’autant plus vrai que les prévisions de la BCE tablent toujours sur une inflation qui devrait retourner vers des niveaux bas dans les trimestres à venir (1,5% en 2022 et 1,4% en 2023). En outre, les incertitudes posées par la résurgence de contaminations liées au variant Delta devrait être mentionnée pour garder la politique actuelle.

Dans ce contexte, la BCE devrait se réjouir de voir, mais sans le mentionner, de la baisse de l’Euro. En effet, la hausse de la monnaie européenne s’est arrêtée en juin.  Evidemment, le sentiment de « risk-off » y a contribué, mais aussi l’anticipation que la Fed, malgré sa communication qui continue de ne pas montrer des signes de changement, devrait commencer à normaliser sa politique monétaire plus tôt, notamment en réduisant ces achats d’actifs notamment.

Zone-Euro : un Euro plus faible est une bonne nouvelle pour la BCE

Par ailleurs, les inquiétudes associées à la dernière vague du virus en début d’année semblent s’être dissipées au niveau de l’attitude des banques en termes de politique de crédit. En effet, lors de la dernière enquête auprès des banques de la Zone euro, celles-ci avaient assez nettement resserré les conditions d’octroi de crédit et les demandes de prêts de la part des entreprises étaient plutôt en berne. Dans la nouvelle publication, publiée cette semaine, concernant le dernier deuxième trimestre, on constate un changement très net. Les conditions d’octroi de crédit s’allègent pour les entreprises, alors que la demande de celles-ci est repartie à la hausse le trimestre passé et les prévisions pour le trimestre en cours aussi.  Ceci est un autre facteur qui devrait rassurer la BCE.

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