BCE-Europe | La revue de presse économique et financière

La BCE annonce une “recalibration” de sa politique monétaire

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé un ralentissement des achats d’obligations : il ne s’agit pas d’un « tapering » mais d’un recalibrage d’un programme flexible car la reprise est déjà bien engagée et les conditions de financement se sont fortement améliorées au cours de l’été. Dans le cadre de l’enveloppe actuelle de 1 850 milliards d’euros du PEPP (le plan d’urgence mis en place suite à la crise sanitaire), nous prévoyons que la BCE achètera, en moyenne, 70 milliards d’euros par mois entre septembre et fin mars.

Le point le plus important concernant la BCE est la poursuite du soutien monétaire après mars. La BCE doit maintenir un coût de financement stable de la dette publique tant que la fragmentation économique prévaut dans la zone euro. La politique budgétaire ne peut être efficace que si les rendements souverains restent faibles et stables même face à des déficits croissants. En l’absence d’une hausse significative des anticipations de croissance, la BCE est la seule à tenter d’éviter la fragmentation financière. Nous nous attendons à ce que la majorité conciliante continue de conduire les principales décisions de politique monétaire.

Selon Christine Lagarde, présidente de la BCE, la réunion de décembre sera celle à surveiller pour décider du soutien monétaire après mars.

Concernant la croissance, le ton était optimiste. Elle a déclaré que le rebond économique était « de plus en plus avancé ». L’économie de la zone euro devrait retrouver son niveau d’avant la crise en fin d’année. C. Lagarde a lancé une série de métaphores pour souligner l’évaluation de la BCE selon laquelle la reprise n’est pas encore terminée : la zone euro n’est pas sortie du bois et, pour les golfeurs, « nous ne sommes pas sur le green ».

La BCE considère toujours la hausse de l’inflation comme transitoire. La prévision d’inflation pour 2023 n’a été que légèrement relevée à 1,5% – bien en deçà de l’objectif moyen de la BCE de 2%. Le Conseil des gouverneurs semble devenir plus attentif aux risques à la hausse sur les perspectives d’inflation même si C. Lagarde ne semble pas particulièrement alarmée par rapport aux membres plus « hawkish » (bellicistes) du Conseil des gouverneurs, qui ont souligné que l’inflation pourrait reprendre plus fortement que prévu. Elle a déclaré que l’impact ultime des goulets d’étranglement du côté de l’offre qui ont augmenté les coûts pour les producteurs reste à voir et qu’il n’ya toujours pas beaucoup de signe d’une reprise des salaires.

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