Banque Centrale Européenne | La revue de presse économique et financière

La BCE opte pour une stratégie plus flexible…mais sans incidence sur son action très stimulante d’aujourd’hui

La BCE révise son objectif d’inflation à 2% et se donne la possibilité, en cas exceptionnel, de le dépasser afin de mieux ancrer les anticipations. Ainsi, en abandonnant le plafond de 2% qui était représenté par l’objectif d’inflation de « 2% mais en dessous », la BCE se donne plus de souplesse pour notamment lutter contre toute tendance déflationniste. Certes, par une concession aux gouverneurs les moins tolérants à l’inflation, ou « faucons », le nouvel objectif est symétrique, en ce sens que tout dépassement ou niveau inférieur à l’objectif est vu comme indésirable. Néanmoins, la possibilité d’accepter une inflation plus élevée en période exceptionnelle, notamment quand les taux d’intérêt directeurs ont atteint zéro, a été actée.

Par ailleurs, la BCE fait un changement technique à la mesure de l’inflation en intégrant dans la mesure de l’évolution des prix les loyers imputés aux propriétaires afin de mieux tenir compte dans l’évolution du cout de la vie la hausse du prix de l’immobilier.  Cet ajout, vu la hausse du prix de l’immobilier en Europe, devrait pousser l’indice général vers le haut. D’aucuns l’estiment cet effet autour de 0,3 point sur l’inflation totale en glissement annuel.

Au total, ce changement, même s’il est bien venu et semble un très bon compromis, ne va pas modifier la stratégie de la BCE dans la période à venir. Une politique ultra accommodant devrait être maintenue. En effet, les prévisions d’inflation de la BCE restent faibles pour l’année à venir et bien en dessous de 2%, une fois dissipées les tensions actuelle associées à la sorte de la crise pandémique. Ainsi, pour l’instant la banque centrale continue à courir vers cet objectif de 2% qui s’est avéré inatteignable au cours de la dernière décennie.

Nous continuons à subir les conséquences néfastes du choc déflationniste que l’Europe s’est infligé lors de la dernière crise.

Aussi, et ceci est sûrement une victoire de Mme Lagarde, la nouvelle stratégie intègre le risque climatique.  Cette intégration est néanmoins assez floue. Mais, la BCE s’associe à la stratégie d’ensemble de la Zone Euro pour assurer la transition énergétique et considérer notamment les risques qu’elle peut représenter. Ainsi, en matières de supervision, comme nous le savons déjà, la direction est déjà claire concernant les exigences qui seront données aux banques pour mieux intégrer le risque climatique dans leur analyse bilancielle.

Enfin, la BCE devrait de nouveau revisiter sa nouvelle stratégie en 2025 et apporter des changements éventuels selon les circonstances.

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