La correction des marchés est-elle déjà derrière nous ?

Les marchés reprennent leur respiration depuis hier après leur forte chute des jours précédents. Ainsi, les marchés actions rebondissent légèrement depuis des plus bas depuis un an. Les taux longs consolident avec le taux-10 ans allemand revenant à 1% et le taux-10 ans américain repassant sous les 3%. Le pétrole est repassé sous les 105 dollars par baril.

Cela dit, il semble que cela reflète plus un rebond technique après des mouvements extrêmes qu’une amélioration des fondamentaux. En effet, les indicateurs techniques et la confiance des investisseurs ont atteint des niveaux extrêmement faibles qui sont propices à des rebonds temporaires. D’un côté, cela suggère que beaucoup de mauvaises nouvelles sont déjà intégrées par les marchés, limitant le potentiel de baisse et de l’autre, il est difficile d’imaginer que les marchés pourraient vraiment rebondir durablement sans diminution des incertitudes, que ce soit sur le plan géopolitique, économique, ou monétaire. La prudence reste donc selon nous de mise à court terme.

Les risques du pire scénario ont baissé légèrement, ce qui rassure les marchés quelque peu : (1) Poutine n’a pas annoncé d’escalade supplémentaire lors de son discours de la Victoire lundi et l’UE reste pragmatique dans la mise en œuvre de l’embargo sur le pétrole russe (notamment via un allongement des délais d’implémentation pour certains pays et l’absence de sanction sur les tankers transportant du pétrole russe), (2) le nombre de cas de Covid en Chine baisse légèrement et (3) les données économiques résistent toujours. En effet, la confiance des investisseurs allemands est légèrement moins négative en mai qu’en avril selon l’enquête du ZEW et l’inflation américaine a probablement atteint son pic pour 2022 (l’inflation pour avril publiée aujourd’hui est attendue à 8,1% par le consensus après 8,5% en mars.).

Mais fondamentalement, les risques et incertitudes restent élevés avec (1) des perturbations des livraisons de gaz russe à l’Europe via l’Ukraine pour la première fois depuis le début de la guerre (2) des autorités chinoises qui maintiennent la politique Zero-Covid malgré les critiques de l’OMS et (3) des banquiers centraux soutenant toujours un durcissement rapide des politiques monétaires des deux côtés de l’atlantique malgré les incertitudes économiques.

À plus long terme, le risque de fragmentation reste à surveiller. Ainsi, ces derniers jours, les autorités américaines ont réaffirmé que leur adversaire stratégique numéro un restait la Chine. Par ailleurs, elles continuent soutenir une poursuite du conflit en Ukraine (avec le vote d’une enveloppe de 40 milliards de dollars en cours) alors que les Européens souhaitent laisser la place à une solution négociée au conflit, comme l’a rappelé hier Mario Draghi. Pour la Zone Euro, les négociations sur la réforme des règles budgétaires européennes pourraient être compliquées, en particulier à un moment où la BCE recommence à plaider pour une politique budgétaire plus orthodoxe.

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