USA

La croissance américaine reste forte mais contrainte par l’offre

L’estimation de la croissance du PIB américain au 2T21 aura été finalement plus faible qu’attendue. En effet, la croissance est ressortie à 6,5% par rapport au trimestre précédent en rythme annualisé contre 8,4% attendus par le consensus. Evidemment, ce rythme de croissance reste très fort et en légère hausse par rapport au trimestre précédent.

Comme on pouvait l’anticiper la consommation est restée le principal moteur de la croissance, avec une expansion de nouveau spectaculaire de près de 12% sur le trimestre en rythme annualisé, après déjà une expansion presque aussi forte au trimestre précédent (11,4%). Aussi, comme attendu la composition des dépenses a changé par rapport au trimestre précédent avec une accélération très forte des dépenses de services alors que les dépenses de biens ralentissaient. Ceci reflète bien l’ouverture de l’économie et donc du retour des ménages vers toutes ces activités qui avaient été fermées ou seulement partiellement ouvertes.  Concernant les biens, on le sait, les très fortes hausses de prix sur certaines catégories qui subissent des pénuries d’offre, comme sur l’automobile, sont venues freiner l’appétit des ménages. Au total, la consommation des ménages a tout de même contribué à la croissance du PIB sur le trimestre de 7,7 points de pourcentage !

Sur l’investissement, on a assisté à un ralentissement. On savait déjà que la construction était en train de se contracter, en partie par la hausse de certains coûts, que ce soit du côté résidentiel comme du côté des entreprises. Néanmoins, les investissements en équipement ont ralenti. Sur ce point, il est difficile de déterminer ce qui tient au pénuries d’approvisionnement et des éventuelles décisions des entreprises de calmer leurs dépenses. En revanche, ce qui est certain est que la force de la demande et les contraintes qui subissent encore les entreprises en termes d’approvisionnement, les empêchent toujours de reconstituer leurs stocks. Ainsi, après une contribution négative à la croissance du PIB de 2,6 points de pourcentage au 1T21, on constate pour le 2T21 encore une contribution négative de plus d’un point. Ceci devrait se corriger au cours des trimestres qui viennent, avec l’hypothèse que certaines contraintes à la production se dissipent.  Par ailleurs, comme attendu, les dépenses publiques au niveau fédéral ont couté en terme de croissance et le commerce extérieur, compte tenu de la demande interne très forte, au aussi rogné l’expansion du PIB.

Alors que nous avion révisé à la baisse la croissance du PIB au 2T, mais pas suffisamment, nous conservons une hypothèse de croissance toujours forte au 3T21 et un ralentissement plus marqué au 4T21. Cette évolution s’appuie toujours sur la dynamique d’amélioration du marché de l’emploi au cours de la période. En outre, le baisse des taux d’intérêt à long terme devrait offrir un soutien à l’économie pour continuer une expansion robuste.

Par ailleurs, si un plan de relance orientée vers les infrastructures, auquel se rajouterait un plan axé sur des dépenses plus sociales voient le jour, nous aurons un autre soutien supplémentaire, même si modéré, pour l’activité pour maintenir une croissance soutenue en 2022 même si évidemment en net ralentissement par rapport à cette année.

La lecture du marché est peut-être juste concernant la politique monétaire. En effet, le langage très accommodant tenu par la Fed pourrait s’alimenter de ces chiffres plus faibles qu’attendus. D’autant plus que les dernières statistiques sur les allocations chômage des dernières semaines montrent une dynamique baissière moins prononcée. Ceci, toutefois, peut n’être que temporaire dans un marché du travail qui continue d’étonner par le contraste considérable entre des entreprises qui dissent avoir du mal à trouver de la main d’œuvre et un taux de chômage qui reste élevé. Au total, ce sera bien la dynamique de l’emploi qui déterminera l’attitude de la Fed.  Nous on restera tout de même vigilants sur l’évolution des prix, même si la Fed n’y voit que des évolutions temporaires.

De fait les chiffres d’inflation devraient continuer à alimenter les débats.  Ce sera surement le cas en Allemagne avec la publication des chiffres d’inflation allemands pour le mois de juillet ressortis plus élevés qu’attendu et dépassant les 3% et donc les plus élevés des 20 dernières années, juste en dessous de ceux constaté en 2008 quand le prix du pétrole avait atteint 140 dollars le baril. On le sait les effets de base jouent un rôle considérable dans ces hausses, mais il n’empêche qu’ils viennent rogner le pouvoir d’achat de ménages.   D’ailleurs, les évolutions des prix au niveau des Länder montre, chez certains, des hausses très importantes.

Ces effets vont se dissiper, mais comme aux Etats-Unis la vitesse à laquelle ils vont s’atténuer reste incertaine.

Ceci pourrait venir alimenter les débats politiques pour les élection générales et tendre les relations au sein du conseil des gouverneurs de la BCE. D’autant plus que certains, dont le président de la Banque centrale allemande, ont manifesté leur désaccord avec le discours un peu trop « engageant » et accommodant sur l’évolution de la politique monétaire future de la BCE de Madame Lagarde lors de la dernière conférence de presse. A ce stade, il faut sûrement garder son calme, mais es sujet ne partira par magie comme certains le pensent.

On pouvait s’attendre à une bien plus grande nervosité sur le marché avec des bourses qui avaient beaucoup monté depuis le début d’année et l’anticipation d’un contexte de politiques économiques apportant moins de soutien. Cette nervosité a bien été là. Néanmoins, nous nous retrouvons avec toujours un soutien indéfectible de la politique monétaire qui, par notamment la baisse des taux longs qu’elles enduisent en partie, offrent encore un soutien à la croissance économique qui reste forte. Ces facteurs devraient encore alimenter la prise de risque, d’autant plus que les résultats des entreprises restent solides. Ainsi, la fin de l’été pourrait s’avérer finalement plus tranquille que d’aucuns envisageaient.

Vous avez trouvé cette publication intéressante ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne / 5. Nombre de votes :

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier à noter cette publication.

Merci pour votre vote !

Vous pouvez ajouter un commentaire (optionnel).

Dites-nous en plus (optionnel) :

Total
1
Shares
Publications similaires