Macro-économie | La revue de presse économique et financière

La croissance devrait perdurer

Outre Atlantique, le trou d’air d’août sur la croissance pourrait s’avérer très momentané. En effet, l’enquête de la Fed de New York sur le secteur manufacturier a montré un net rebond au début du mois de septembre.  Cet indice est assez corrélé avec l’ISM manufacturier qui donne la température de l’ensemble de l’économie américaine. Ainsi, l’Empire State, comme cet indice est appelé, semble donc indiquer aussi un sursaut de l’indice ISM qui sera publié début octobre. Certes il faut rester prudent devant les nombreuses fluctuations que nous connaissons depuis que le rebond de l’activité s’est initié. Par ailleurs, certains secteurs, comme l’automobile qui subissent des fortes contraintes au niveau des composants nécessaires à la production, n’est pas bien représenté dans l’indice New Yorkais. Néanmoins, on constate bien un rebond solide de l’activité avec l’ensemble des composantes qui se redresse, notamment les nouvelles commandes. On peut sûrement lier ceci à un apaisement des craintes suscitées par la montée des contagions pendant le mois d’août.

Etats-Unis : un rebond possible de l'activité en septembre ?

Autre enseignement de l’enquête est la persistance des pressions sur les prix au niveau de la production. Que ce soit au niveaux des prix reçus par les entreprises comme sur les prix payés aux fournisseurs, la pression haussière reste vive. Il est probable que certains effets de base vont continuer à se dissiper, mais, encore une fois, il est important de garder à l’esprit le caractère inédit de cette sortie de crise qui a créé une inadéquation profonde entre offre et demande. Il est encore trop tôt de dire quand ces tensions vont réellement se réduire. Ce qui est certain est ces pressions sur les prix, y compris les prix finaux, c’est à dire sur les prix à la consommation, risquent de perdurer plus longtemps que prévu préalablement, même si, aux Etats-Unis, le niveau du taux d’inflation va reculer par rapport aux sommets que nous avons connu ces derniers mois.

Etats-Unis : pressions sur les prix persistent

Au total, cette statistique à elle seule ne va pas calmer les inquiétudes du marché sur la dynamique de croissance, mais elle devrait contribuer à renforcer l’idée que la Fed devrait poursuivre son plan d’annoncer la semaine prochaine son intention de commencer à réduire ses achats d’actifs d’ici la fin d’année.

En revanche, en Europe, les effets de base et les goulots d’étranglement risquent d’apporter des mauvaises surprises, notamment au niveau des prix de l’énergie, qui est pour l’instant le plus gros contributeur à la hausse des prix que nous connaissons depuis quelques mois. En effet, l’Europe fait face à une vraie mini crise énergétique, avec le prix du gaz qui a littéralement explosé au cours des derniers mois, avec seulement ces derniers jours un léger repli.

Europe : crise énergetique

Le problème est que le gaz est devenu une source essentielle dans la production d’électricité et sa hausse spectaculaire résulte en une montée considérable du prix de l’électricité. Ainsi, l’impact macroéconomique devient très important car ceci vient affecter directement le pouvoir d’achat des ménages, notamment des plus démunis.

Comme l’indique dans une note du think tank Bruegel, la hausse du prix du gaz tient à une conjonction de facteur dont le mauvais temps en Europe qui a perturbé le fonctionnement des ressources alternatives de production d’électricité, que ce soit l’éolien et le photovoltaïque. Par ailleurs, lié à la crise et à la force de la reprise, l’approvisionnement en gaz est contraint par la montée rapide de la demande. Ainsi, que ce soit le gaz en provenance du nord de l’Europe ou de Russie n’arrive pas en quantité suffisante. En outre, l’approvisionnement en Gaz liquéfié, LNG, est aussi amoindri par la compétition qu’exerce la demande asiatique. Enfin, les réserves de gaz sont au plus bas.

Cette situation devrait être temporaire en partie. En outre, les gouvernements en Europe essaient d’atténuer cette montée des prix de l’électricité en prenant des mesures pour aider les ménages les plus défavorisés. Néanmoins, certaines industries, fortes consommatrices d’énergie se trouvent en difficulté.

Ces évolutions risquent d’exacerber davantage les pressions à la hausse sur les prix à la consommation d’ici la fin de l’année, même si on peut s’attendre à une certaine accalmie sur les prix. Reste que beaucoup dépendra de la rigueur de l’été.

Cette situation révèle néanmoins l’urgence pour l’Europe de mieux organiser son indépendance énergétique et surtout le besoin d’accélérer sa transition pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Par ailleurs, ceci pourrait renforcer la voix de la France afin de défendre le nucléaire comme une source complémentaire pour la production énergétique de l’Europe.

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