FED | La revue de presse économique et financière

La Fed a sonné le tocsin pour se diriger vers la sortie

Agence SAND

Des PMI préliminaires de Markit pour le mois de septembre publiés hier ont montré une décélération de l’activité des deux côtés de l’Atlantique, même si celle-ci reste relativement robusteAux Etats-Unis c’est l’indicateur des services qui a été plus touché en septembre. En effet, l’indice PMI a de nouveau reculé mais de manière moins vive que le mois précédent. La demande semble avoir encore une fois fléchit, notamment extérieure. Cette affaiblissement peut être encore dû à la vague de contagions et les restrictions associées. En revanche, l’optimisme des entreprises reste élevé. On peut s’attendre à ce que l’activité reprenne avec la poursuite de la baisse qui vient de s’initier des contagions outre Atlantique.

Du côté de l’activité industrielle, on observe aussi un tassement, mais bien moins prononcé que dans les services. On aurait pu s’attendre à un rebond suite aux indicateurs régionaux que nous avions eu la semaine dernière, avec donc le Philly Fed et l’Empire State qui avaint montré un net sursaut après la baisse du mois d’août. Quoi qu’il en soit, le niveau de l’indice reste très élevé, soulignant que la croissance reste très solide.

Etats-Unis : l'expansion ralenti notamment dans les services (contagions, emploi, demande)

Ce qui ressort aussi de l’enquête est la persistance des contraintes sur la production et les hausses de coûts qui poussent les entreprises à augmenter leurs prix. Que ce soit dans les services ou le secteur manufacturier les indicateurs de prix restent au plus hauts. Dans les services, les entreprises soulignent les hausses de salaires pour attirer des employées contenu les difficultés de satisfaire la demande.  Tout pousse à croire que ces tensions ne sont toujours pas prêtes à se dissiper et que les pressions sur les prix finaux, c’est-à-dire à la consommation, pourraient persister, même si les hausses s’atténuent quelque peu.

En zone Euro, le message des PMI est à peu près le même si ce n’est que la décélération a été à peu près de même nature dans les services et le secteur manufacturier. Soulignons toutefois d’emblée que le niveau des indices reste très élevé pointant toujours vers une expansion de l’activité qui reste très vive. Ceci devrait se confirmer dans une croissance du PIB au troisième trimestre à peu près aussi solide que le précédent, poussant la croissance européenne au-dessus de 5% sur l’année compte tenu des révisions sur les deux premiers trimestres de l’année.

Comme aux Etats-Unis, notamment au niveau de l’industrie, les contraintes sur la production, notamment la difficulté de s’approvisionner en intrants, ne permet de satisfaire la demande. Ceci n’est évidemment pas une surprise, en particulier dans le secteur automobile. Il s’agit de voir comment ceci va continuer d’affecter la dynamique des prix en Zone euro.

Zone Euro : l'activité décélère dans les services et la manufacturier, ce dernier souffrant de contraintes de production

Sur les marchés, les bourses ont continué leur progression, effaçant le trou d’air crée par la peur d’un risque systémique venant de Chine, associé à la potentielle faillite du promoteur immobilier Evergrande.   En même temps, les taux longs ont connu hier une des plus fortes hausses journalières de l’année.

Au voudrait croire au retour du pari relationniste en dépit de la tendance qui se profile pour nombre de banques centrales de commencer à retirer graduellement leur soutien.  En fait, le gradualisme avec lequel les banquiers centraux semblent s’orienter vers la sortie est sûrement de nature à continuer à alimenter en liquidités le marché dans un contexte où la croissance reste relativement élevée même si en décélération.

Il est certain que la prochaine saison de résultats sera un moment important pour conserver le momentum qui a dominé le marché jusqu’ici. On verra notamment la capacité des entreprises à conserver leurs marges dans un contexte de hausse des coûts. On sait qu’il sera difficile de battre les résultats extraordinaires du deuxième trimestre qui bénéficiaient de la « vrai » reprise de sortie de crise, notamment en Europe. Trop d’optimisme serait donc un facteur de fragilité pour le marché.

Toutefois, nous sommes toujours confrontés au dilemme qui domine les marchés financiers depuis si longtemps qui est la difficulté de trouver des alternatives d’investissement aux placements les plus risqués afin d’obtenir du rendement dans un contexte de taux d’intérêt des obligations d’Etat à des niveaux extrêmement bas. C’est dans ce sens que dans un environnement de poursuite de la croissance et de volonté des banques centrale de retirer que très graduellement leur soutien que la prise de risque peu encore perdurer.

Par ailleurs, alimentant toujours ce retour du pari relationniste nous avons assisté aussi hier à une très forte poussée des taux d’intérêt de long terme. Une des plus fortes montées journalières depuis la montée des taux longs en début d’année. Ainsi le mouvement paradoxal de tassement des courbes de taux d’intérêt des deux côtés de l’Atlantique après la réunion de la Fed a été complétement renversée.

Le mouvement s’est opéré surtout sur la partie réelle. En fait, et c’est une bonne nouvelle, depuis début août, notamment aux Etats-Unis, nous assistons à une remontée des taux réels. Le mouvement d’hier n’a fait qu’exacerber cette tendance. Il est vrai qu’avec, le tassement de la croissance, même si elle reste robuste, ce mouvement pourrait fléchir, mais il semble à ce stade il semble bien s’installer.  Il ne reste pas moins que le niveau des taux longs reste très bas, toujours ancrés par des politiques monétaires dont la normalisation semble très lointaine.

Taux d'intérêt Etats-Unis : le scenario reflationiste revient ?

Au total, avec la dissipation des craintes systémiques sur la chute d’Evergrande, avec une croissance qui résiste et l’annonce de la sortie des banques centrales de cette période d’extraordinaire soutien, voir les taux d’intérêt remonter et les bourses progresser avec les secteurs cycliques bien performer semble naturel. Toutefois, à très court terme, nous restons prudents sur la capacité du marché d’opérer la transition vers une période moins euphorique sur les résultats. En outre, nous restons très vigilants sur l’évolution de l’inflation qui reste, en général, regardée avec bien trop de complaisance.

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