Fed | La revue de presse économique et financière

La Fed arrive (encore) à temporiser

Bonnes mais insuffisantes. Tel pourrait être le résumé, depuis maintenant plusieurs mois, du discours de Jerome Powell sur les données macroéconomiques américaines pour justifier du maintien de la politique monétaire accommodante de la Fed. La réunion du FOMC de la semaine dernière a, une nouvelle fois, réservé peu de surprises, la politique monétaire étant restée inchangée. Le ton toujours aussi accommodant de Jerome Powell diminue en revanche fortement les probabilités de toute annonce significative pour le symposium de Jackson Hole fin août.

Si le Président de la Fed reconnaît que les banquiers centraux ont bien discuté du calendrier et des modalités du tapering, aucune décision ne semble pour l’heure avoir été prise. Pour les membres du FOMC, l’amélioration des données macroéconomiques est notable, avec un impact du variant Delta qui reste mesuré, l’impact économique des vagues successives étant de plus en plus faible. Cependant, des progrès substantiels restent encore nécessaires pour infléchir la politique de la Fed, notamment sur le front de l’emploi. En effet, si elle reste confiante dans l’atteinte de ses objectifs en matière d’emploi, la Fed attend de constater une dynamique plus soutenue en termes de créations d’emplois, avec une baisse du taux de chômage, notamment chez les minorités, une reprise du taux de participation et une progression des salaires. En décalant implicitement tout changement de politique monétaire, a minima pour sa réunion de septembre, l’institution américaine se laisse donc deux mois supplémentaires, et donc deux publications du rapport sur l’emploi, pour acter de l’amélioration du marché du travail. En étant autant « data dependent », la banque centrale américaine prend néanmoins le risque de laisser filer la fenêtre de tir. En effet, l’économie américaine a atteint son pic de reprise et les données macroéconomiques devraient se normaliser pour revenir sur des niveaux plus soutenables. Surtout, en cas de déception sur les chiffres à venir ou d’atterrissage un peu trop brutal, la Fed pourrait alors avoir plus de mal à entamer une phase de resserrement monétaire.

Pour l’heure néanmoins, les données publiées outre-Atlantique militent toujours pour un rythme de croissance soutenu mais sans emballement. Le PIB, pour le deuxième trimestre, est ainsi ressorti à +6.5% en rythme trimestriel annualisé, après 6.4% au premier trimestre mais largement sous les attentes de 8.4%. Ce sont les stocks qui ont principalement impacté la croissance, les problématiques dans les chaînes d’approvisionnement n’ayant pas permis de faire face à la forte demande intérieure. Dans le même temps, l’inflation core PCE (indicateur suivi par la Fed) a modérément progressé sur le mois (3.5% contre 3.4%) et est ressortie sous les attentes, fait assez rare ces derniers mois, avec un début de normalisation sur certains prix, ce qui milite pour une inflation toujours transitoire comme le répète inlassablement Jerome Powell.

Sur un autre front, le gouvernement chinois persiste à vouloir réguler certains secteurs d’activité, ajoutant désormais un risque politique à une économie dont la croissance ralentit, nous amenant à adopter un positionnement plus neutre sur la zone. Enfin, concernant le pétrole, le déséquilibre demande / offre milite toujours pour une progression du prix du baril d’ici la fin d’année.

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