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La Fed reste maître du jeu et apporte son soutien aux marchés

Les statistiques de l’emploi sont encore ressorties en dessous des attentes permettant de raviver la prise de risque en entraînant les taux longs à la baisse. Ainsi, dans cette phase de reprise très forte de l’activité, le marché est aujourd’hui focalisé sur la stratégie que vont suivre les autorités monétaires. Les marchés prennent au mot la Fed qui juge qu’il est encore nécessaire de maintenir un soutien extrême à l’économie tant que le marché de l’emploi n’a pas approché les caractéristiques qui prévalaient avant la crise, soit une situation proche du plein-emploi. 

Cette stratégie est une nouveauté, c’est toujours important de le souligner. Alors qu’il ne fait plus de doute que l’économie américaines est dans une phase de croissance très forte avec des signes de surchauffe qui se matérialisent notamment dans les difficultés des entreprises à satisfaire une demande très forte, on pourrait se dire qu’il serait nécessaire de lever le pied sur le soutien à l’économie. Ce n’est pas le cas.

En fait, mesuré par le PIB, il est assez vraisemblable que dès la fin de ce trimestre que l’économie américaine se retrouvera même au-dessus de son niveau potentiel, ayant comblé évidemment toute la part d’activité associée à la crise.

Toutefois, le niveau de l’emploi est encore bien en dessous de celui qui prévalait avant la crise. Mais la tendance est claire d’une dynamique très porteuse pour les trimestres à venir.

Etats-Unis: emploi total croît et le chômage se résorbe

Les créations d’emploi au mois de mai ont été très considérables avec notamment toujours une contribution très forte du secteur qui le plus contribué la chute de l’emploi, celui des loisirs, du logement et de la restauration. Avec un retour progressif à la normale, le secteur a encore créé 292 000 postes le mois dernier. Le niveau d’emploi reste néanmoins inférieur de 2,5 millions par rapport à celui qui prévalait en février 2020. Cette dynamique va se poursuivre.

Dans toute phase de reprise, la dynamique de l’emploi est toujours moins rapide que celle de l’activité. Les entreprises tendent à faire des gains de productivité et sont prudentes sur les embauches avant de s’assurer que la demande qui leur est adressée est pérenne. La reprise actuelle ne sera pas différente. Toutefois, la nature très spéciale de cette crise va se traduire par des dynamiques bien plus complexes. Mais la direction à la hausse de l’emploi est bien claire.

Parmi les éléments perturbateurs, se trouve un retour à l’emploi qui semble plus lent. En effet, certains travailleurs semblent continuer à se méfier de la situation sanitaire et il se pourrait que d’autres attendent de revenir sur le marché du travail du fait du soutien financier extraordinaire reçu par le biais du gouvernement pendant la période de chômage. Ce dernier point est encore difficile à valider. Néanmoins, on y verra plus clair avec les chiffres de l’emploi de juillet, car beaucoup d’aides aux chômeurs qu’avaient été adoptés dans le plan de soutien de mars du gouvernement auront expiré.

En tous les cas, au niveau du marché de l’emploi, on voit bien que des tensions sont apparues. Ceci se traduit dans la poursuite du rebond des hausses du salaire horaire. Cette dynamique pourrait s’estomper avec un retour plus n’important de personnes sur le marché de l’emploi. Mais rien n’est moins sûr avec une croissance de l’économie qui devrait rester forte pour les trimestres à venir.

Mais la question essentielle pour le marché reste la lecture qu’en fait la Fed. Cette dernière continue à communiquer sur la nécessité de laisser l’expansion se poursuivre avec un soutien extrême de sa politique. Ainsi, d’après elle, les hausses de prix que nous constatons ne sont que temporaires. Les goulots d’étranglement sur les chaînes de production vont vite se desserrer et les pressions sur les salaires s’atténuer.

Sur le déséquilibre entre offre et demande, on verra bien ces tensions s’apaiser, mais il faudra peut-être plus de temps que prévu. Pour ce qui est de l’emploi, on peut penser, comme constaté sur les dernières années se rapprocher du plein-emploi sans créer des tensions sur les salaires et donc sur les prix. Mais, une dynamique bien différente pourrait tout aussi advenir.

On verra cette semaine ce que nous dit la statistique d’inflation sur les hausses de prix au cours du mois de mai. Si elles se diffusent ou restent cantonnées à quelques produits spécifiques.

Au total, il s’agit de faire confiance à la Fed. On peut tout de même être interpellé par la force avec laquelle la politique monétaire domine le positionnement du marché. Le risque d’une erreur de diagnostic de la Fed associée à un contexte aussi nouveau doit nous inquiéter. Toutefois, tant que la Fed maintient son cap, le marché suivra. Cette dépendance à ce stade de la reprise est dangereuse, mais c’est une réalité.

Mme Yellen a déclaré dans son interview à Bloomberg ce week-end qu’un peu plus d’inflation était une bonne chose et qu’elle avait pleine confiance que ceux en charge de la politique monétaire feront ce qu’il faut pour éviter toute erreur. Espérons qu’elle ait raison.

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