La FED saura-t-elle garder son nouveau cap

Les chiffres du chômage américain restent difficiles à prévoir car si les indicateurs avancés militent pour un ralentissement proche du marché de l’emploi, les chiffres officiels font montre d’une certaine résilience. Pour preuve, le nombre de postes à pourvoir baisse drastiquement aux Etats-Unis passant de ll.2 millions en début d’année à 9.6 millions à fin mars. lBM en est le parfait exemple puisque la société a annoncé suspendre ses recrutements pour certains postes alors que, selon elle, 7800 emplois pourraient être remplacés par l’intelligence artificielle. Par ailleurs, les déclarations de licenciements se multiplient au sein des grandes sociétés américaines à l’image des WARN, ces lettres d’intention de licenciement que doivent remplir les sociétés deux mois avant les licenciements effectifs. Les plans de licenciement dans la sphère financière sont également nombreux, à l’image de Morgan Stanley qui pourrait encore supprimer 3000 emplois au deuxième trimestre après avoir déjà supprimé 1600 postes au premier trimestre réduisant ainsi le nombre d’employés de la banque d’environ 5%. 

L’impact de ces différentes réductions de masse salariale ne se concrétise pourtant pas encore dans les chiffres du rapport sur l’emploi qui s’est montré étonnamment résilient avec des créations d’emplois vigoureuses (malgré des révisions en baisse au cours des deux derniers mois) et surtout un taux de chômage en baisse à 3.4%. Or, traditionnellement les récessions commencent lorsque le taux de chômage augmente de 100 points de base … On en est très loin ! A moins que les tensions au sein des banques régionales n’accélèrent le ralentissement de l’économie … A l’image de la disparition de la banque californienne First Republic vendue à J P Morgan après avoir été mise sous séquestre, les tensions au sein du secteur ne disparaissent pas, tout comme la spéculation des vendeurs à découvert poussant même les autorités américaines à évaluer des« manipulations de marché» et la Maison Blanche à « monitorer les pressions induites par les vendeurs à découvert ». 
Certes, au cours de sa dernière réunion, la FED a décidé de relever les taux directeurs de 25 pb à 5.25% (leur niveau maximum atteint en 2007 avant la faillite de Lehman Brothers … ) mais le communiqué laisse anticiper qu’elle s’abstiendra en juin et donc a fortiori pendant tout l’été. Mais attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives I La Banque Centrale d’Australie, qui avait annoncé mettre en pause son cycle de resserrement monétaire en mars, a surpris les investisseurs la semaine dernière en remontant ses taux directeurs de 25 pb à 3.85%. Le communiqué de la banque indique même que d’autres hausses de taux pourraient être nécessaires afin de faire revenir l’inflation à son objectif dans un horizon de temps raisonnable. La FED saura-t-elle garder son nouveau cap, guidée par la fragilité du système financier, alors que l’inflation cœur reste élevée? Eléments de réponse dès cette semaine avec la publication du CPI pour le mois d’avril. A l’instar d’Ulysse et de son équipage face au chant des sirènes, la FED devra alors ne pas écouter les anticipations d’impact des plans précités sur le marché de l’emploi américain. 

Prec.
Changement de discours pour les banques centrales
Suiv.
Quels sont les contribuables les plus aisés qui sont dans le viseur du gouvernement ?

Quels sont les contribuables les plus aisés qui sont dans le viseur du gouvernement ?

Plus de publications

Abonnez-vous

Abonnez-vous et recevez toutes les semaines notre newsletter économique et financière.