La fièvre de l’IA monte

La sortie de nouvelles applications d’IA au printemps a suscité beaucoup d’intérêt et de débats, et a également eu un effet d’entraînement sur l’activité des investisseurs et les marchés. Le secteur financier utilise les logiciels d’IA à de nombreuses fins, qu’il s’agisse de créer des analyses, des algorithmes de négociation ou de produire des rapports. 

Pour fonctionner, les logiciels d’IA ont besoin d’une puissance de calcul et d’une capacité de transfert de données considérables, ce qui a propulsé les sociétés de microprocesseurs Nvidia et ASM dans une ascension fulgurante. Le cours de l’action d’ASM a augmenté de 24 % en mai et de 72 % depuis le début de l’année. Les chiffres de Nvidia sont encore plus impressionnants : 36 % en mai et 159 % depuis le début de l’année. Nvidia a rejoint le très exclusif « trillion-dollar club » et est aujourd’hui payé 200 fois les bénéfices de l’année dernière. Ses bénéfices devraient tripler en trois ans. 

Les fabricants de micropuces sont toujours pris dans les conflits entre la Chine et les États-Unis, ce qui a mis en évidence l’importance stratégique des entreprises du secteur. La crainte d’une pénurie de puces électroniques est à l’origine d’investissements importants dans le secteur.

En mai, les actions nord-américaines ont augmenté de 3,5 % en euros grâce au boom, tandis que les actions européennes ont terminé à 2,5 % dans le rouge. Le marché chinois des actions est resté très faible, avec des prix en baisse de 5,6 % en euros, tandis qu’au Japon, les actions ont augmenté de 5 % en euros.

Ralentissement du resserrement de la politique monétaire, comme prévu

La Fed et la BCE ont toutes deux ralenti le resserrement de leur politique monétaire en mai, ce qui était attendu. Les hausses de taux des deux banques centrales sont restées à 25 points de base. La Fed a même laissé entendre dans ses déclarations qu’elle pourrait ne pas procéder à des hausses lors des prochaines réunions. La situation n’est pas aussi favorable pour la BCE, car l’inflation sous-jacente est encore trop élevée. Toutefois, les données préliminaires publiées début juin étaient prometteuses : 5,3 %, soit 0,3 % de moins qu’en avril. 

La faiblesse persistante des perspectives économiques reste le principal facteur qui freine les attentes en matière d’inflation. Les prévisions selon lesquelles les États-Unis pourraient entrer dans une récession modérée sont restées élevées, même si l’on s’attendait à pire à l’automne. En Europe, l’Allemagne a été le seul pays de la zone euro à passer en territoire négatif au cours du premier trimestre, son PIB s’étant contracté de manière inattendue de 0,5 % par rapport au trimestre précédent.

Au début du mois de juin, les attentes du marché concernant la politique future en matière de taux d’intérêt s’étaient quelque peu redressées. Les attentes en matière d’inflation à long terme n’ont pas diminué malgré les développements positifs. Le taux à deux ans, qui reflète le niveau futur du taux de refinancement de la BCE, a fluctué entre 2,5 % et 3,0 %, pour finir au milieu, à 2,75 %. Le taux de dépôt de la banque centrale est désormais de 3,25 %. 

Nouveau relèvement du plafond de la dette aux États-Unis

Les démocrates et les républicains sont parvenus à un accord pour relever le plafond de la dette jusqu’à la fin de 2024. 

Dans le cadre budgétaire actuel, le budget fédéral restera longtemps déficitaire et le ratio dette/PIB passera de près de 100 % aujourd’hui à 120 % dans dix ans. L’accord qui vient d’être conclu contribue à ralentir quelque peu cette évolution. La dette publique totale du pays est déjà de 119 %. 

Les candidats à la course présidentielle de 2024 ont déposé leur dossier et les primaires se préparent. La campagne électorale augmentera également la tension sur les marchés des capitaux.

En Thaïlande, les élections législatives ont donné lieu à uen avancée avec la victoire du parti social-démocrate progressiste Move Forward Party. En Turquie, en revanche, les résultats des élections législatives et présidentielles garantissent la poursuite des politiques actuelles. L’Espagne a plongé dans des élections anticipées après que le Parti socialiste ouvrier espagnol a subi de lourdes pertes lors des élections régionales. En Finlande, les négociations gouvernementales entre les partis de droite se sont poursuivies. 

La confiance des consommateurs dans la zone euro s’est lentement renforcée car le chômage est resté faible. En revanche, les attentes de l’industrie manufacturière se sont légèrement affaiblies, car la croissance économique reste lente.

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