Cara Williams

La Finance en 2040 vue par les experts : Cara Williams, responsable de la stratégie ESG chez Mercer

J’ai rencontré Cara il y a 20 ans à New York et j’ai suivi au fil des ans, sa carrière impressionnante et très cohérente.
Ce qui frappe chez Cara, et  n’étant pas si courant, mérite d’être souligné, c’est son intégrité, qui transpire de ce qu’elle fait, de qui elle est, et de son parcours professionnel. Un exemple certainement. Sa vision de 2040 est droite au but, intelligente et efficace.

Zoé Charny

Nous sommes en 2040, comment voyez-vous le monde qui nous entoure ?

Je vois deux grandes tendances se dessiner d’ici 2040 :

1. L’augmentation rapide des réglementations. En 2040, nous vivrons dans un monde hautement réglementé. En mettant mon chapeau ESG, je pense que les régulateurs auront un impact sur la mission, les principes de production, la gestion de la chaîne d’approvisionnement. Nous nous dirigeons vers un monde à impact plus positif, où la durabilité à long terme influencera tous les projets.

2. La deuxième tendance qui, selon moi, s’amplifiera de manière significative d’ici 2040 est la surveillance. Nous vivrons dans une atmosphère de “Big Brother” où nos actions et nos mouvements seront suivis à des fins commerciales et gouvernementales. Cette tendance peut être parfaitement bien intentionnée (plus de sécurité, technologie avancée, plus de liberté d’information), mais elle aura néanmoins un impact sur notre vie privée et nos libertés.

Comment auront évolué les marchés financiers ?

Je pense que le développement de l’intelligence artificielle (IA) et le métaverse joueront un rôle très important en 2040. Le Machine Learning aura nécessairement un impact sur les marchés actions et obligataires. Une grande partie du travail sera effectuée par ces technologies de machine learning. La recherche d’alpha augmentera l’évolution vers des marchés plus « inefficients ». La gestion d’actifs restera au cœur du processus d’épargne, la manière de les réaliser sera radicalement différente.

Quel rôle joueront les professionnels de la gestion d’actifs en 2040 ?

Je m’attends à beaucoup plus de consolidation dans la gestion d’actifs. Moins d’acteurs sur les actifs liquides et un rôle accru de l’engagement au sein des gestionnaires d’actifs. L’engagement dans le sens où l’on prend la responsabilité de ses propres investissements et où l’on s’engage auprès des entreprises. La sophistication des technologies et des capacités informatiques aura également un impact sur les gestionnaires d’actifs, où les êtres humains seront potentiellement moins nécessaires, et les marchés plus efficaces.

Rétrospectivement, quelle est la plus grande erreur de prévision/anticipation que vous ayez faite ?

Je n’ai pas vraiment de grande erreur qui me hante, mais ce que je ressens vraiment, c’est que les erreurs font partie d’un processus d’apprentissage. J’ai une attitude très positive vis-à-vis des erreurs. Je ne pense pas que j’avais vraiment réalisé, il y a 15 ans, à quel point l’ESG allait jouer un rôle clé dans la gestion d’actifs et les investissements, et regardez où je suis maintenant, en consacrant ma carrière à l’ESG !

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