Electricité | La revue de presse économique et financière

La lettre hebdo Dorval AM

Agence SAND
Les tensions extrêmes et peut-être excessives sur les prix du gaz naturel sont emblématiques d’une course au restockage sur de nombreux produits. L’impact d’abord négatif sur la croissance mondiale sera cependant compensé par l’accélération des services que permet la maîtrise du virus.

Après les déboires de l’immobilier chinois – qui continuent – c’est au tour des prix de l’énergie d’alimenter la volatilité des marchés. On peut espérer que le pic des prix du gaz en Europe a été atteint lors de la journée mémorable du mercredi 6 octobre, qui aura vu les prix grimper de 40% avant de reperdre 50% (graphique 1). Après avoir mis en place des mesures limitant l’impact de la hausse des prix sur les ménages, les pouvoirs publics européens vont essayer de peser d’une manière ou d’une autre pour reconstituer les stocks à des prix acceptables. En Chine, où 70% de l’électricité est issue des centrales à charbon, le pouvoir a décidé de renoncer temporairement à ses objectifs de réduction des émissions de CO2 en stimulant la production, et a ouvert la porte à des importations en provenance de l’Australie malgré les tensions politiques.

 

 

 

Il est donc possible (même si ce n’est pas certain) que le pic des angoisses à propos de la crise de l’énergie ait été atteint. Les conséquences négatives pour l’économie sont cependant déjà visibles : pression sur les marges et limitation de production dans certaines industries, impact sur l’inflation et le pouvoir d’achat, etc. Si les banques centrales des pays développés peuvent se permettre de demeurer relativement stoïques face à cette inflation de transition, c’est moins le cas dans certains pays émergents, où les effets de second tour sont redoutés. Le Brésil, la Russie, le Mexique et certains pays de l’Est ont donc déjà commencé à remonter leurs taux d’intérêt (graphique 2).

 

 

Il faut cependant garder à l’esprit que le moteur principal de ces évolutions négatives est la réouverture de plus en plus générale de l’économie, réouverture qui nourrit une hausse de la demande que les grossistes et industriels n’ont pas pu anticiper à temps. Or, cette réouverture crée aussi un cercle vertueux dans les secteurs du tourisme, de la restauration, des transports et des loisirs, secteurs à forte intensité en emplois. Ainsi, aux Etats-Unis, où les chiffres économiques avaient été décevants cet été, la dynamique récente de maîtrise du virus est en train de retourner le momentum économique à la hausse (graphique 3). Si les chiffres de l’emploi du mois de septembre ont encore déçu, ils montrent cependant un début de réaccélération des embauches dans les secteurs de la distribution (+56K après deux mois négatifs en juillet et août), et des loisirs (+74K). On peut penser que ces chiffres s’amélioreront encore au cours du quatrième trimestre.

 

 

 

Les perspectives économiques restent donc favorables, même si la situation est complexe. Sur des marchés des actions qui ont déjà largement anticipé la reprise mondiale depuis le début de l’année et où les anticipations de taux d’intérêt remontent, cette complexité fait monter la volatilité. Cela conduit les investisseurs à plus de prudence, ce qui est plutôt sain. De plus, les PER des actions ont nettement rebaissé depuis le début de l’été (graphique 4). Avec une économie mondiale qui reste dynamique, notre scénario central demeure donc modérément positif pour les marchés des actions. A ce stade, les variations de nos taux d’exposition reflètent donc essentiellement des mouvements tactiques.

 

 

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