La machine infernale de la dette et le retour de l’or

Dans son analyse, Bruno N. Colmant (Royal Academy of Belgium) alerte sur une dynamique explosive : la hausse des taux d’intérêt à long terme reflète à la fois l’anticipation d’inflation et un risque de crédit croissant. Selon lui, l’excès de dettes publiques conduit inévitablement à leur monétisation par les banques centrales — un processus qui pourrait s’accélérer si Donald Trump prend le contrôle de la Fed, marquant une rupture avec l’esprit de sa création en 1913.
Un gérant travaillant sur les marchés actions
©Fibee

Dans son analyse, Bruno Colmant (Royal Academy of Belgium) alerte sur une dynamique explosive : la hausse des taux d’intérêt à long terme reflète à la fois l’anticipation d’inflation et un risque de crédit croissant. Selon lui, l’excès de dettes publiques conduit inévitablement à leur monétisation par les banques centrales — un processus qui pourrait s’accélérer si Donald Trump prend le contrôle de la Fed, marquant une rupture avec l’esprit de sa création en 1913.

Ce qui se passe sur les marchés financiers est extrêmement important. On constate, dans de nombreux pays, une augmentation significative des taux d’intérêt à long terme sur les emprunts d’État.

Pourquoi ? Il y a deux raisons : une anticipation d’inflation et, dans une mesure imprécise, un risque de crédit. Mais pourquoi une anticipation d’inflation ?

Entre autres, parce qu’un excédent de dettes publiques va immanquablement entraîner, dans certains pays, son acquisition par la banque centrale.

Ce sera donc la création monétaire qui va financer la dette publique.
Rien de cela n’est nouveau, c’est déjà le cas dans de nombreux pays, et ce sera évidemment la situation qui sera observée lorsque Donald Trump aura pris le contrôle de la Federal Reserve. Ce sera le début d’une rupture monétaire séculaire, puisque ce sera la négation de la création de la Federal Reserve en 1913. Il en résultera une hausse des taux d’intérêt et de l’inflation, et un jour – j’en suis certain – un défaut partiel sur la dette publique américaine.

On est donc devant une spirale qui entretient sa propre dynamique : un excédent de dettes publiques conduit à des taux d’intérêt plus élevés pour protéger contre une inflation que cette même augmentation des dettes publiques va entraîner par le financement de sa propre création monétaire.

Cet argument pourrait être renversé en imaginant que les États contiennent la dette publique. Mais ce serait au prix d’un choc social, éventuellement déflationniste, donc récessionnaire. Ce serait alors la rue contre la monnaie, et on n’arrête pas souvent la rue.

C’est donc une machine monétaire infernale qui rappelle qu’outre la croissance (anémique en Occident), c’est l’inflation qui dilue les dettes… sauf que les taux d’intérêt à long terme intègrent cette inflation dans leur propre calcul, alors même que cette inflation est censée diluer les dettes.

Seule une inflation soudaine et brutale pourrait jouer ce rôle de réduction de dette, mais on en arrive au même constat : l’inflation.

C’est pour cela que l’or monte.

Cette prévisible inflation monétaire, qui (je ne me contredis pas) n’est pas un danger à court terme, mais à moyen terme, conduit à préférer une monnaie intemporelle, sans risque de crédit, qui devient l’étalon monétaire ultime. D’ailleurs, ce sont les taux à long terme, et les taux à court terme (certes contrôlés) par les banques centrales, qui augmentent.

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