Armée Russe | Les actualités économiques et financières

La Plume par Igor DE MAACK : Invader

L’instant marché financier

Alors que les marchés se battaient déjà sur le front des taux d’intérêt et de l’inflation, ils sont désormais confrontés à un nouveau risque : l’éclatement du conflit militaire en Ukraine à la suite de l’invasion russe. Sur les marchés financiers, ce sont malheureusement les dragons, qui sont pourtant des représentations animalières célestes et impériales pour les Chinois, qui viennent cracher leur feu sur les investisseurs et surtout sur leurs placements.

La situation ukrainienne est depuis longtemps problématique (révolution de Maïdan en 2014 et annexion de la Crimée et du Donbass par la suite) d’autant que d’autres territoires de l’ex-Union Soviétique (Ossétie du Sud, Abkhazie, Transnistrie) avaient déjà été annexés et auraient pu servir de grille de lecture aux dirigeants européens.

L’Histoire nous enseigne qu’en matière de gestion de crise internationale il est important dans un premier temps de montrer sa force puis par la suite de laisser ouvert les canaux de communication pour la diplomatie : les événements de la crise des missiles à Cuba en 1962 et l’installation des missiles Pershing en Europe de 1977 à 1987 au temps de la Guerre Froide l’ont démontré.

Cela a aussi été une constante pour les accords de Dayton en 1995 concernant la guerre multi-ethnique en Ex-Yougoslavie. ll est vrai qu’à la différence de la Guerre Froide où le Parti Communiste russe exerçait une certaine pression sur le dirigeant « suprême », Vladimir Poutine apparaît plus isolé dans une posture autocratique. L’Europe, qui a toujours progressé au pied du mur (crise de la zone, réponse au Covid…et sous la contrainte d’une gouvernance lente et inefficace, possède une occasion de montrer ses droits, ses valeurs et les faire appliquer sans avoir recours au puissant allié américain qui agite plus qu’il n’agit pas à ce stade.

La réponse européenne collective en matière de soutien logistique et celle concernant les sanctions économiques vont dans ce sens. Dans ce contexte, les marchés financiers vont avoir du mal à progresser. Cependant, les guerres, à part mondiales, ne sont pas des événements si rares et si difficiles à absorber pour les marchés financiers (guerre au Koweït, en Irak, conflit israélo-palestinien…).

Des tendances long terme de cette crise internationale commencent à se dessiner : poursuite de l’augmentation des budgets de défense (l’Allemagne vient d’annoncer une enveloppe supplémentaire pour moderniser son armée de 100 Mds €), le renchérissement des matières premières (soft comme le blé et hard comme l’énergie), valorisation de l’or, qui cote déjà 1 900 dollars l’once, comme refuge au désordre géopolitique. Les plus courageux seront tentés de racheter à bon compte, comme lors de la séance de vendredi 25/02, des positions qui ont beaucoup souffert depuis le début de l’année.

La volatilité va durer tant que le conflit ne cessera pas. La reprise économique mondiale sera contrariée mais c’est surtout l’économie russe qui risque d’être pénalisée. On estime à 5% du PIB l’effet des sanctions économiques annoncées. Les difficultés logistiques mondiales ne vont peut-être pas s’améliorer aussi vite. Il est intéressant de remarquer que les termes « supply chains, logistics, inflation » ont été évoqués dans 71% des communiqués de résultats d’entreprises américaines au T4 2021 contre 39% au T4 2020. Dans une économie globalisée et mondialisée, les entraves au commerce mondial constituent toujours une mauvaise nouvelle.

La valeur du mois • HAFFNER ENERGY

Dans un environnement d’énergie chère, cette société a développé un processus de production d’hydrogène vert utilisant la biomasse (Hynoca).

Récemment introduite en bourse, le cours de bourse n’a pas suscité d’intérêt de la part d’investisseurs plus occupés à prendre des paris sur les énergies fossiles traditionnelles. C’est peut-être une autre preuve que la notion de transition énergétique a encore du chemin à faire en bourse…

Le mot de la fin

Le philosophe allemand Schopenhauer avait écrit un essai assez éristique qui s’intitulait l’Art d’avoir toujours raison. En 36 stratagèmes, ce dernier explique que convaincre ne signifie pas faire éclater la vérité, mais bel et bien vaincre un opposant sur le plan argumentatif. L’exégèse de cet ouvrage pourrait servir en ces temps troubles.

La Plume VITALÉPARGNE par Igor DE MAACK – mars 2022

Retrouvez le précédent numéro de décembre ” TIGRES ET DRAGONS ” La Plume par Igor DE MAACK.

Rédacteur : Igor DE MAACK  • Presse : Stevens Lefort – slefort@vitalepargne.com 

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