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La question centrale des marchés mondiaux reste celle du coût de l’ajustement entre offre et demande potentielles aux US

La question centrale des marchés mondiaux reste celle du coût de l’ajustement entre offre et demande potentielles aux Etats-Unis. Cet ajustement a clairement commencé mais le rythme de rééquilibrage du marché du travail reste insuffisant pour la Fed.

Les attentes d’un pic d’inflation aux Etats-Unis ont commencé à se matérialiser. Certains prix sont clairement en baisse, dont l’essence, le coût du fret maritime, les voitures d’occasion, etc. (graphique 1). De plus, l’offre industrielle se redresse grâce aux livraisons de composants électroniques, à la fluidification progressive des chaines d’approvisionnement et à la stabilisation des prix des matières premières. Deux des sources majeures de l’inflation US – les prix de l’énergie et les pressions sur les chaines de production – sont donc en train de s’atténuer considérablement. Ces deux sources de stress ont probablement expliqué entre 50% à 70% de l’inflation américaine des deux dernières années.

A court terme, ces bonnes nouvelles devraient empêcher l’économie d’entrer en récession, la baisse des prix de l’essence soutenant le consommateur, et l’amélioration de l’offre aidant la production (graphique 2). Dans l‘automobile par exemple, on pourrait voir une accélération de la production et une baisse des prix. Le dernier « GDPNow » de la Réserve fédérale d’Atlanta pointe vers un rebond significatif de la croissance du PIB au T3 (à +2,6%).

Pour la Fed, ces bonnes nouvelles n’en sont pas forcément car les déséquilibres toujours substantiels entre offre et demande sur le marché du travail risquent de ne se résorber que très lentement si l’économie reste dynamique. Les offres d ‘emploi restent proches des niveaux records, les créations d’emploi sont fortes (+308K dans le privé en août), et les nouvelles demandes d’indemnités chômage ont même un peu rebaissé récemment. Le rapport sur l’emploi du mois d’août (graphique 3) comporte cependant des signes de modération, dont une certaine sagesse des salaires (+0,3% sur le mois), une baisse du nombre d’heures travaillées et un accroissement bienvenu de l’offre de travail (hausse du taux de participation).

Il faudra d’autres statistiques encore pour mesurer l’impact de la modération actuelle de l’économie sur le marché du travail et sur l’inflation. Certains économistes, comme Larry Summers et Olivier Blanchard, demeurent très pessimistes. Ils considèrent que seule une nette récession rétablira les chances de faire redescendre l’inflation aux alentours de 2%. La Fed de Jerome Powell semble de plus en plus perméable à cet argument, mais elle n’a pas lâché l’espoir d’un atterrissage économique moins catastrophique. Il serait donc curieux qu’elle devienne très restrictive au moment même où pourrait s’enclencher une modération des prix et des salaires.

Après la forte baisse des marchés des actions depuis la mi-août, le pessimisme qui règne à nouveau chez les investisseurs (graphique 4) pourrait s’atténuer un peu à la vue des chiffres récents. Dans nos fonds flexibles notre gestion des couvertures reste réactive en fonction des chiffres économiques et de la dynamique des marchés (positionnement des investisseurs, RSI, etc.). Nous conservons pour l’instant une position d’attente en termes d’allocation actions, et surpondérons toujours le Japon, ilot de stabilité des taux d’intérêt, dans nos fonds internationaux. Nous demeurons par ailleurs entièrement désinvestis en termes de duration obligataire.

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