Dollars

La thématique des “déficits jumeaux” aux États-Unis constitue un risque à la baisse sur le dollar (et à la hausse sur l’euro)

Il n’y a aucun signe que le dollar est “détrôné” : le dollar maintient sa position dominante sur le Forex, dans les financements internationaux, ainsi que dans la composition des réserves de change des banques centrales. Il y a de bonnes raisons à ce maintien : le “poids du passé”, la forte profondeur des marchés financiers américains et surtout l’absence de devise alternative crédible.

1.Aux États-Unis, la thématique des « déficits jumeaux » (twin deficit) devrait réapparaître

Dans les phases de reprise, l’amélioration sur le marché de l’emploi soutient immédiatement la consommation du ménage américain, ce qui favorise les importations. C’est pourquoi, aux États-Unis, il existe une relation très forte entre le cycle économique et la balance commerciale : l’amélioration cyclique provoque une détérioration de la balance commerciale (graphique 1 montrant la relation inverse entre la balance commerciale et l’indice ISM du climat des affaires dans l’industrie en échelle inversée). La forte reprise cyclique aux États-Unis ainsi que le potentiel de consommation autorisé par un taux d’épargne anormalement élevé sur plusieurs trimestres consécutifs (graphique 2) va donc fortement détériorer la situation externe. Ainsi, le déficit courant devrait atteindre 4,5% du PIB fin 2021 contre 3% actuellement. L’économie américaine sera donc à nouveau confrontée à la détérioration simultanée de ses finances publiques et de sa situation externe (graphiques 3 & 4).

Etats-Unis : balance commerciale et dynamique conjoncturelle
Etats-Unis : modélisation du taux d'épargne des ménages
Etats-Unis : déficit courant (% PIB)
Etats-Unis : déficit public (% PIB)

Source : Bloomberg – Calculs : Groupama AM

2. La détérioration simultanée des déficits budgétaire et externe constitue un facteur baissier sur le dollar

Le creusement simultané du déficit budgétaire et du déficit courant constitue historiquement un risque baissier sur le dollar. Le graphique 5 montre qu’à ces phases de détérioration des « déficits jumeaux » correspond une baisse du taux de change effectif du dollar.

D’ailleurs, nos modèles de valorisation de la parité Euro-dollar conduisent à trois principales observations : i) ces modèles à changement de régime suggèrent que cette parité serait actuellement dans un régime « structurel » (par opposition au régime « conjoncturel ») dans la mesure où les variables de taux d’épargne et de solde courant déterminent actuellement davantage les évolutions sur le marché des changes que les variables de politique monétaire ; ii) la valeur d’équilibre de l’EUR-USD se situe entre 1,17 et 1,24 ; iii) enfin, c’est le modèle intégrant la variable de déficit courant qui conduit à la valeur fondamentale de 1,24 pour l’EUR-USD confirmant qu’une focalisation du marché sur cette thématique déprécierait davantage le dollar.

Il n’y a aucun signe que le dollar est « détrôné » : le dollar maintient sa position dominante sur le Forex, dans les financements internationaux, ainsi que dans la composition des réserves de change des banques centrales. Il y a de bonnes raisons à ce maintien : le « poids du passé », la forte profondeur des marchés financiers américains et surtout l’absence de devise alternative crédible. Cependant, le déséquilibre s’accentue entre le poids « réel » des États-Unis et la place du dollar dans les flux financiers. A terme, la remise en question du dollar et du système monétaire international est inéluctable. Nous n’envisageons pas de rupture sur le dollar. Cependant, nous maintenons notre scénario central d’une baisse de la devise américaine, aujourd’hui plus envisageable avec la détérioration annoncée du solde courant et le « nettoyage » des positions extrêmement longues sur le dollar (graphique 6).

Etats-Unis : déficits jumeaux et dollar
EUR-USD et positions spéculatives

Source : Bloomberg – Calculs : Groupama AM

DISCLAIMER

Ce document est conçu exclusivement à des fins d’information.

Groupama Asset Management et ses filiales déclinent toute responsabilité en cas d’altération, déformation ou falsification dont ce document pourrait faire l’objet.

Toute modification, utilisation ou diffusion non autorisée, en tout ou partie de quelque manière que ce soit est interdite.

Les informations contenues dans cette publication sont basées sur des sources que nous considérons fiables, mais nous ne garantissons pas qu’elles soient exactes, complètes, valides ou à propos.

Ce document a été établi sur la base d’informations, projections, estimations, anticipations et hypothèses qui comportent une part de jugement subjectif. Les analyses et conclusions sont l’expression d’une opinion indépendante, formée à partir des informations publiques disponibles à une date donnée et suivant l’application d’une méthodologie propre à Groupama AM. Compte tenu du caractère subjectif et indicatif de ces analyses, elles ne sauraient constituer un quelconque engagement ou garantie de Groupama AM ou un conseil en investissement personnalisé.

Ce support non contractuel ne constitue en aucun cas une recommandation, une sollicitation d’offre, ou une offre d’achat, de vente ou d’arbitrage, et ne doit en aucun cas être interprété comme tel.

Les équipes commerciales de Groupama Asset Management et ses filiales sont à votre disposition afin de vous permettre d’obtenir une recommandation personnalisée

Vous avez trouvé cette publication intéressante ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne / 5. Nombre de votes :

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier à noter cette publication.

Merci pour votre vote !

Vous pouvez ajouter un commentaire (optionnel).

Dites-nous en plus (optionnel) :

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Publications similaires
Épargne | La veille économique et financière
+ PLUS

Épargne : vers un nouveau record en 2021 ?

Alors que de nouveaux épargnants se sont lancés dans la grande aventure de la Bourse, le livret A connaît une collecte record. Depuis le début de la pandémie, les Français auraient mis de côté entre 100 et 120 milliards d’euros en 2020. Une manne que le gouvernement souhaite mobiliser pour investir dans les entreprises. Si le surcroît d’épargne des Français lié à la crise de la Covid-19 a dépassé les 100 milliards d’euros l’an dernier, il pourrait atteindre 200 milliards d’euros d’ici fin 2021. Avec un pouvoir d’achat globalement préservé, notamment grâce aux diverses mesures de soutien, les ménages ont moins consommé à cause des multiples confinements. Malgré des effets négatifs sur la croissance, la tendance se poursuit encore cette année : d’après un sondage Odoxa réalisé pour Aviva, 75% des CSP+ prévoient d’accroître et de renforcer leur épargne au détriment de leur consommation. Si le contexte pandémique a fait exploser les compteurs de notre épargne, il a également modifié nos ..