Marchés Financiers | La revue de presse économique et financière

L’activité résiste, mais dans un contexte d’inflation plus élevée

L’inflation continue de surprendre à la hausse.  En effet, pour le mois de septembre l’inflation en Zone Euro est ressortie plus élevée que prévue à 3,4% contre 3% le mois précédent, soit le niveau le plus élevé depuis plus de 10 ans. L’inflation cœur, c’est-à-dire en enlevant les prix des biens les plus volatils, dont l’énergie, est ressortie à 1,9 % contre 1,6%. Malgré cette hausse, on constate toujours que l’inflation en Europe est fortement influencée par des effets de base et quelques facteurs spécifiques, dont la hausse des prix de l’énergie. Toutefois, la crise énergétique actuelle devrait continuer d’alimenter les tensions, même si les gouvernements tentent de réduire l’impact sur les prix, notamment ceux de de l’électricité par de mesures ponctuelles, comme en France en repoussant l’indexation des tarifs aux coûts de production. Par ailleurs, comme outre Atlantique, les enquêtes montrent toujours des fortes tensions sur les chaines de production dans certains secteurs, ce qui pourrait se traduire à terme par des hausses de prix qui pourraient se diffuser aux prix à la consommation.

Zone Euro : l'inflation au plus depuis plus de 10 ans

Quoi qu’il en soit, rien que par l’effet de la hausse des prix de l’énergie, nous devrions continuer à voir des pressions haussières sur les prix pour quelque temps, même si cette hausse peut être atténué par les mesures éventuelles prises par les gouvernements.  Ces effets seront d’autant plus importants si la demande énergétique venait à être plus élevée que prévue pendant la période hivernale.

Aux Etats-Unis, c’est le chiffre d’août, sur le déflateur de la consommation (PCE), qui est la statistique suivie par la Fed car elle intègre mieux les changements de comportements de consommation des ménages en faisant varier le poids des biens. Le PCE est ressorti plus élevé que prévu (4,3%), y compris pour l’inflation sous-jacente (3,6%), c’est-à-dire enlevant les aliments et l’énergie. Surtout, la progression mensuelle de l’inflation sous-jacente n’a pas été très sage (+0.3% sur le mois) donnant une tendance haussière à l’indice.

Au total, il est clair que l’inflation outre-Atlantique restera plus élevée que prévue pour une période bien plus longue.  La hausse du prix du pétrole que nous constatons devrait intensifier les pressions inflationnistes. En même temps, comme l’ont de nouveau indiqué les enquêtes auprès des entreprises, les pressions restent très vives sur la production avec les pénuries d’intrants et des hausses de leur coût.

Evidemment cette potentielle accélération de l’inflation, en grande partie engendré par la hausse des coûts de l’énergie, pourrait s’avérer une contrainte sur la croissance car pesant sur le pouvoir d’achat des ménages, affectant donc la consommation, ou rognant les marges des entreprises partiellement réduisant l’investissement.

Les enquêtes auprès des entreprises montrent toujours que l’activité reste robuste au niveau de l’industrie des deux côtés de l’Atlantique. En même temps, en Chine, les données pour la Chine sont contradictoires, avec l’indice officiel indiquant une contraction de l’activité alors que l’indice CAXIN a montré un léger rebond. On peut penser que compte tenu des informations concernant notamment la crise énergétique en Chine, à court terme le secteur manufacturier Chinois pourrait souffrir. Néanmoins, les dernières mesures prises par les autorités, en relançant notamment la production de charbon, devrait soulager le secteur à terme.

Secteur manufacturier : l'activité résiste

Toutefois, les enquêtes révèlent tout de même que les pressions sur les chaîne de production restent vives concernant l’approvisionnement en intrants. Ceci se traduit, de manière plus prononcée aux Etats-Unis, par des hausses de coûts toujours importantes, mais hausses par de prix des entreprises, forcées de faire passer ces contraintes sur leur prix de vente.

Alors que la pandémie semble être maîtrisée dans le monde développé et que l’activité semble encore robuste, il est certain que l’évolution des prix sera néanmoins une source d’inquiétude pour les marchés. D’autant plus que nous verrons, dès cette saison des résultats, comment les marges des entreprises résistent dans ce contexte. Ceci sera sûrement une source de nervosité pour le marché. Par ailleurs, même si les taux d’intérêt à long terme ont monté de manière substantielle au cours de la dernière période, les anticipations d’inflation n’ont pas été affectées de manière considérable. Il sera important de voir comment le marché obligataire négocie cette période de plus forte inflation, alors que le caractère transitoire de l’inflation actuelle est la position dominante.

Au total, il nous semble toujours judicieux d’adopter une position plus prudente dans la prise de risque à très court terme, même si nous restons encore constructifs à un horizon plus lointain compte tenu des perspectives de croissance.

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