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L’adaptation du secteur agroalimentaire : une opportunité pour endiguer la perte de biodiversité et préserver les écosystèmes

Les entreprises et distributeurs agroalimentaires sont fortement dépendants du secteur agricole. A ce titre, ils ont un rôle important à jouer dans la protection de la biodiversité. Et un intérêt majeur, car la destruction des écosystèmes a un impact direct sur leur modèle économique et sur la pérennité de leurs activités. L’adaptation des pratiques, l’adoption de nouveaux comportements est indispensable pour répondre aux attentes des consommateurs et des actionnaires, dont la vigilance s’accroit en permanence quant aux conséquences environnementales des modes de productions et des chaines d’approvisionnement. Ostrum Asset Management (Ostrum AM), en tant qu’investisseur, utilise ses actions d’engagement, de dialogue et de vote pour faire cesser les pratiques les plus nocives et encourager les innovations durables. 

Dans ce cadre, les groupes industriels qui produisent des aliments consommés à grande échelle se sont fixés des objectifs sur chaque des piliers ESG.
Environnement : à court terme, préserver l’image de la marque, réduire les émission Gas à Effet de Serre (GES), baisser l’utilisation de l’eau, et recycler les déchets. A moyen terme, préserver la ressource.
Social : à court terme, préserver la santé du consommateur, réduire le nombre de rappels de produits. A moyen terme, renforcer les qualités nutritionnelles et accroitre la part des produits bio.
Gouvernance : accroitre le devoir de vigilance sur la chaine d’approvisionnement (audit, contrôle interne) et exiger plus de transparence (reporting ESG, lobby, taxation)
L’évolution des pratiques peut apporter de nombreuses opportunités pour les entreprises du secteur agroalimentaire. Si rien n’est fait, les risques sont également très importants. La prise de conscience est là.

1. La perte de biodiversité : un enjeu majeur pour les entreprises du secteur de l’agroalimentaire

L’érosion des sols, le stress hydrique ou encore l’impact carbone de l’élevage sont autant de défis à relever pour le secteur agricole. D’après Novethic, l’agriculture représente près d’un quart des émissions carbone mondiales. Pourtant, elle est indispensable pour assurer, durablement, des ressources alimentaires en qualité et quantité suffisantes permettant de nourrir plus de 9 milliards d’habitants à l’horizon 2050.

L’agriculture, un impact majeur sur la perte de biodiversité

Source: The Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES) 

La perte de biodiversité est liée à 30% aux changements d’utilisation des terres et des mers, à 23% à la surexploitation des organismes, à 14% en proportions égales au changement climatique et à la pollution, et enfin à 11% à l’invasion d’espaces exotiques.
Sur le plan du climat, la production alimentaire, agriculture principalement, a un impact majeur : elle représente à elle seule ¼ des émissions de Gas à Effet de Serre (GES) (Source :  OurWorldIine Data, BNP). L’impact sur l’environnement est donc très préoccupant, d’autant que seulement 1/3 des sociétés du MSCI « Investable Market Indexes » (IMI) ont mis en place des programmes de réduction des GES et d’utilisation des pesticides (Source:  MSCI ESG Research).

Les entreprises de transformation alimentaire au cœur de l’équation

Les multinationales alimentaires telles que Danone, Unilever, Nestlé, Pepsico, Kellogg’s, dominent le secteur agroalimentaire. Ces « transformateurs » modifient la ressource agricole en produits de consommation courante à travers des marques incontournables. Ce sont donc des intermédiaires clés pour agir sur la protection de la biodiversité.
Réduire leur impact sur la biodiversité passe par un changement de modèle, déjà enclenché depuis plusieurs années chez la plupart de ces grands groupes même si le chemin à parcourir reste encore long.

Risques

La non-action mettrait ces groupes face à divers risques opérationnels, avec un risque à moyen terme lié à la rareté des ressources utilisées, mais aussi à plus court terme à des risques juridiques (non-conformité aux nouvelles réglementations – voire la réglementation en cours au niveau européen sur le renforcement de la traçabilité comme moyen de juguler la déforestation avec risque d’amende pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires), des risques de controverses et de taxation accrue (activités polluantes, eau…). ll y a également une dimension d’ordre réputationnel puisque cela vient entacher l’image de l’entreprise. D’autres risques peuvent s’agréger : risques de marché dus aux pressions des actionnaires et risques financiers venant de la difficulté à se financer sur les marchés dans un contexte où les investisseurs prennent en compte de plus en plus la thématique de biodiversité.

Opportunités

Les grands groupes de biens de consommation répondent aux attentes croissantes des consommateurs en matière de préservation de l’environnement et cela constitue une opportunité via un argumentaire marketing qui renforce l’image de la marque. C’est le cas de Lu – groupe Mondelez – en France mettant en avant son partenariat avec les agriculteurs pour la production d’un blé provenant d’une agriculture raisonnée (source : reportage France 5 du 16/11). 
Les opportunités financières pour les entreprises et les investisseurs sont claires : amélioration de la franchise de la marque, augmentation des parts de marchés, développement de nouveaux produits à valeur ajoutée offrant de meilleures marges. 

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