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L’appétit pour le risque continue de monter sur les marchés financiers

Malgré les avertissements de certains banquiers centraux, l’appétit pour le risque continue de monter sur les marchés financiers. La désinflation immobilière américaine et la baisse du risque européen contribuent à ce mouvement.  

Si les grandes banques centrales maintiendront certainement le cap de la hausse des taux, les commentaires des membres de comités de politique monétaire sont devenus moins convergents. Aux Etats-Unis, par exemple, certains membres de la Fed semblent considérer le niveau de 5% comme un maximum pour les taux directeurs en 2023, et d’autres comme un minimum. Pour l’instant, les marchés parient plutôt que les « colombes » l’emporteront grâce à la nette désinflation anticipée pour 2023.

C’est un pari risqué, mais les dernières statistiques sur l’inflation des nouveaux loyers sont à cet égard encourageantes. En octobre, cette inflation serait revenue à son niveau d’avant Covid selon les chiffres lissés de Zillow, et serait même déjà négative selon Apartment List (graphique 1). Ces chiffres ne se répercuteront que graduellement sur l’indice des prix à la consommation au cours de l’année 2023. En effet, l’indice des prix prend en effet en compte l’ensemble des loyers et non les seuls nouveaux loyers. La composante immobilière représentant 42% du « core CPI » américain, l’enjeu est de taille. Notons cependant que le poids de l’immobilier dans le déflateur de la consommation – indice clef pour la Fed – est, lui, nettement moins important (18% du « core » déflateur).

En Europe, un automne doux, les économies d’énergie, des importations massives de gaz naturel liquéfié et un fort soutien budgétaire permettent désormais d’écarter les scénarios catastrophes pour cet hiver. La perception des perspectives économiques européennes a donc probablement atteint son point bas en octobre, comme le montre le net rebond de l’indice ZEW en novembre (graphique 2). La remontée des actions européennes nous semble donc justifiée par cette baisse du risque, même si les incertitudes restent encore importantes. De meilleures augures pour l’économie européenne signifieraient cependant, à terme, que les taux de la BCE pourraient monter plus haut en 2023 que ce qui est prévu à ce jour par les marchés. Raisons de plus, pensons-nous, pour rester à l’égard des obligations d’Etat de la zone euro.

Dans nos fonds flexibles internationaux nous maintenons notre politique de fort investissement dans les actifs monétaires, qui bénéficie de la hausse des taux des banques centrales, alliée à une exposition modérée et très diversifiée aux actions. L’exposition obligataire reste faible, avec une duration légèrement négative en Europe (position vendeuse sur le 5 ans allemand) et légèrement positive aux Etats-Unis (position longue sur le 30 ans américain).

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