Bruce Lee | Les actualités économiques et financières

Le billet Monocle : “High kick”

Le mouvement de jeudi dernier sur le SP500 (+5.54%), pour donner une image c’est comme si un type de la taille de Kareem Abdul-Jabbar rentrait dans le bar où vous êtes installé pour vous complimenter sur votre blouson. C’est rare. 

Kareem Abdul-Jabbar c’est lui (à gauche, à droite c’est Bruce Lee).

Chez Monocle on aime les choses précises donc voilà la distribution des tailles aux US (source: US Census).

Et comme Kareem mesure 7’2 (2m18) et que la table s’arrête à 6’6 (1m98), il appartient donc aux 0.5% les plus grands. Rare.

C’est la même chose pour le mouvement de jeudi: depuis 1950, sur un peu moins de 19,000 séances de marchés, il n’y a eu que 24 hausses supérieures à 5%. Rare.

Aucune journée de ce genre dans les décennies 50 et 60, une seule journée dans toutes les années 70 qui étaient pourtant terriblement agitées. La journée de jeudi est… rare*. Et il est sûr que quand sur votre blouson, il y a écrit dans le dos “SHORT NASDAQ”, après le mouvement de jeudi, votre T-shirt ressemble un peu à celui de Bruce Lee après sa rencontre avec Kareem.

Il est donc temps de se concentrer si on veut réussir comme Bruce à se sortir de ce gué-pied.

J’ai donc passé un peu de temps à regarder comment les marchés s’étaient comportés après des séances de ce genre. En faisant ce travail de fourmi, je trouve une journée intéressante pour notre cas actuel : le 3 janvier 2001.

Le contexte doit vous rappeler quelque chose: après plusieurs années d’euphorie sur les actions, l’année 2000 commence à laisser apparaître de sérieuses fissures face à une banque centrale qui remonte déjà ses taux pour calmer le jeu. La première séance de l’année (le 2 janvier, la veille) se solde par une baisse de près de 3% de l’indice SP500. Le lendemain, le 3 janvier, Alan Greenspan ne parle pas, il agit: baisse surprise des taux de 50 bp.

Pour rappel, le mouvement de jeudi dernier est expliqué comme la réaction à un chiffre d’inflation plus faible que prévu qui pourrait amener la FED à ralentir ses hausses de taux.

En comparaison, le 3 janvier 2001, on a l’annonce surprise d’une baisse de taux : plus fort comme signal.
Le marché réagit violemment à la hausse. Parfait.

Sauf que ça ne dure pas. L’économie est entrée en récession, les sociétés qui ont connu un afflux de commandes avant le bug de l’an 2000 se mettent à ralentir (CISCO), les guidances sont revues à la baisse.
Tout cela est incompatible avec des valorisations encore trop élevées en ce début 2001.

Le marché touchera son plus bas 21 mois plus tard et 40% plus bas, c’est-à-dire quand la purge de la bulle de 2000 sera terminée.

J’en retiens qu’entre un dégonflement de bulle et une banque centrale qui tente de faire du damage control, c’est la première qui gagne. Je garde donc mon blouson “SHORT NASDAQ” sur le dos.

Bonne semaine,

Charles

 * Pour ceux que ça intéresse, il y a 2 journées comme cela dans les 80’s, 2 dans les 90’s, 12 (!) dans la décennie 2000, 1 seule dans les 2010’s et on est déjà à 6 dans les 2020’s.

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