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Le billet Monocle : Le bon, la brute et le truand

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Je vous le disais dans un précédent billet : la macro-économie n’est pas notre expertise première.

Toutefois, avec un cocktail aussi détonnant – inflation explosive, taux d’intérêts au niveau de la mer et valorisations stratosphériques – il est nécessaire de s’en préoccuper un peu.

Au mois d’octobre 2021, l’inflation américaine était de 6.2% sur l’année : un niveau non atteint depuis plus de vingt ans. Vous me direz : aucun problème puisque les entreprises passent les hausses de coûts aux clients finaux et que les salaires collent relativement bien au train. Donc pas d’inquiétude à avoir.

Mais alors pourquoi Ben Bernanke (président de la Banque Centrale Américaine de 2006 à 2014) a-t-il défini une cible de 2% d’inflation comme principal objectif de la plus importante des banques centrales de la planète ?

Réponse 1 : parce qu’en dessous de 2% l’économie est au bord de la déflation, situation très peu enviable qui généralement mène à une crise de confiance et à une récession.

Réponse 2 : parce qu’au-dessus de 2% la machine s’emballe, les coûts augmentent, donc les prix augmentent donc les salaires augmentent donc les coûts augmentent donc les prix augmentent. Vous voyez l’idée.

Réponse 3 : parce que les salaires ont un effet de lag derrière des hausses des prix trop importantes. Vous aurez perpétuellement l’impression d’avoir moins de pouvoir d’achat par rapport au mois d’avant. Pas forcément agréable.

Il faut donc régler le problème. Pour le faire, les banques centrales ont l’outil parfait : les taux d’intérêts. Montez-les et l’inflation diminuera. Simple.

Sauf que : avec des marchés financiers aussi chèrement valorisés (le S&P 500 se paie quasiment 40 de multiple), dont la justification se trouve dans la faiblesse des taux d’intérêts (semble-t-il),  il risque d’y avoir un problème.

Monter les taux d’intérêts ça signifie augmenter le coût de la dette pour une économie mondiale déjà surendettée et déficitaire : problématique.

Les banquiers centraux, comme Clint Eastwood dans Le Bon, La Brute et le Truand (1966), se retrouvent donc face à un dilemme : monter les taux pour apaiser l’emballement et risquer la dégringolade des indices, ou les maintenir faibles pour supporter la hausse perpétuelle des marchés et voir l’inflation s’emballer.

Qui dégainera en premier ? A suivre…

Excellente semaine,
Max

PS : Retrouvez ici la dernière interview de Charles avec le journaliste Didier Testot “Bourse : des marchés financiers au plus haut, cela veut-il dire que le risque n’existe plus ?” 🧐

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