inflation transitoire | Les actualités économiques et financières

Le combat contre l’inflation en passe d’être gagné ?

Les toutes dernières statistiques d’inflation parues en novembre de part et d’autre de l’Atlantique ont rassuré les marchés. À 7,7 % aux États-Unis (contre 8,2 % le mois précédent) et 10,0 % en zone Euro (contre 10,6 %), les investisseurs veulent croire au dépassement du pic. C’est un prérequis pour les banquiers centraux qui devraient, cette semaine, poursuivre leurs hausses de taux mais à un rythme moins effréné : le marché s’attend à une hausse de 50 points de base côté Fed et BCE, après plusieurs pas de géant à 75 points de base.

Ces « bonnes nouvelles » statistiques couplées à des perspectives économiques pessimistes pour 2023 ont mené les investisseurs à anticiper un début de retournement du cycle monétaire dès la fin de l’année prochaine avec une reconvergence vers des taux neutres relativement rapidement. Cela a poussé l’inversion des courbes : les taux à 10 ans allemands traitent désormais 10 points de base en dessous de l’Euribor 3 mois. Aux États-Unis, l’inversion s’est accentuée avec un T-Notes offrant un rendement 115 points de base en dessous du Libor 3 mois.

Pour autant, l’année qui vient devrait être probablement moins volatile, dû principalement au fait que l’essentiel du resserrement monétaire est derrière nous. Cependant, de nombreuses incertitudes demeurent et il nous apparaît prématuré de miser assurément sur une poursuite de la baisse des taux telle que nous l’observons depuis un peu plus d’un mois. En effet, entre autres facteurs de risque, le montant d’émissions nettes de dettes souveraines européennes (et de l’Union européenne) est attendu en hausse substantielle, déduction faite des programmes de la BCE. Selon les estimations, le marché devra absorber environ 500 Mds€, soit plus du double de l’offre nette en 2022. Les taux pourraient être sous pression haussière en début d’année avec un traditionnel marché primaire très actif.

Ces projections sont cependant soumises à de nombreuses incertitudes qui auront une influence certaine sur les taux : quelle évolution du prix du gaz (qui amènerait d’éventuelles nouvelles mesures de soutien budgétaire) ? Quelle ampleur de la récession (qui pourrait pousser les États à une politique fiscale expansive) ? Quel rythme de « Quantitative Tightening »(1) de la BCE ?

Les classes d’actifs « Crédit » nous semblent en revanche toujours intéressantes, même à court terme. Dans notre scénario central de récession modérée, les spreads de crédit(2) devraient être résilients, et conservent même encore un potentiel de compression. Le portage global offre un coussin de protection contre une correction haussière des taux. Sur le segment « High Yield », dont le rendement est encore proche de 7,5 %, nous privilégions la meilleure catégorie de rating (BB) dans un contexte économique malgré tout incertain.

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