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Le consommateur américain est bien de retour !

  • Politique : L’Allemagne continue de subir une vague verte. Par là il faut entendre tout d’abord la dynamique du parti des verts dans la course aux élections législatives de septembre prochain qui les place aujourd’hui en position très favorable pour conquérir la chancellerie. Ainsi, des nouveaux sondages, sont venus conforter la popularité des verts et surtout de leur cheffe de file et candidate à la Chancellerie Annalena Baerbock. Celle-ci semble distancer très nettement les autres candidats en termes de popularité, notamment le candidat de la CDU A. Laschet. Nous sommes encore loin des élections, mais si cette dynamique persiste, on devra se préparer à un changement assez profond sur les politiques environnementales en Allemagne, mais aussi en Europe.  En outre, confortant ce changement d’environnement, nous avons vu la cour constitutionnelle de Karlsruhe retoquer le gouvernement sur sa politique sur le climat. Après avoir été saisie par un groupe de représentants d’organisations environnementales, la cour a indiqué que la loi sur la Protection du Climat passée en 2019 était insuffisamment précise sur les mesures qui vont être prise notamment après 2030 pour atteindre les objectifs de réductions d’émissions de CO2. Le gouvernement et le Parlement devront donc y apporter les clarifications nécessaires. Ainsi, les objectifs donnés ne semblent pas suffisant et surtout des mesures plus concrètes devront être présentées.
  • Marchés : Vu les gains que nous avons connus sur les derniers moisles marchés pourraient être confrontés au risque d’avoir déjà trop anticipé, d’autant plus que nous continuons à battre des records historiques au niveau des indices, notamment outre-Atlantique.  Cette peur peut aussi se nourrir d’une saisonnalité historique, en général, peu aimable pour la progression de la bourse américaine, le fameux « sell in may and go away » (vendre en mai et partir). Néanmoins, le forces en présence pour stimuler la prise de risque restent puissantes. Des évolutions de bénéfices très favorables, poussées par une reprise économique d’une puissance inédite, laquelle est soutenue par des politiques économiques visant à amplifier au maximum la dynamique de croissance.  Ainsi, même si des ajustements de court terme peuvent venir la perturber, l’ascension des indices pourrait bien encore se poursuivre. Le risque viendra après, quand le débat sur l’ajustement des politiques économiques va commencer. Ce débat sera complexe. Il s’agira pour le marché comme pour les décideurs de politique économique de déterminer quand il sera approprié de retirer le pied de l’accélérateur. Aujourd’hui, la Fed dit dans longtemps. Les données macroéconomiques que nous recevons déjà et celles à venir risquent de modifier l’agenda. Comme nous l’avons souvent indiqué, c’est le comportement de consommation aux États-Unis qui donnera le « la » sur ce débat. La pression que cette forte demande va exercer sur l’appareil productif risque de générer des pressions sur les prix plus fortes qu’attendues. Pour l’instant, la dynamique de consommation nous fait penser que ce débat aura lieu plutôt plus rapidement que plus tardivement.

La consommation sera assurément le moteur de la croissance américaine, même si l’investissement des entreprises devrait s’y associer en cours d’année, avec une confiance retrouvée.  D’ores et déjà les statistiques que nous recevons sur la consommation sont remarquables. En fait, elles dépassent tout ce que nous avons connu au cours des deux décennies passées.  Évidemment, la nature exceptionnelle de cette crise a exigé des réponses tout aussi uniques. Il n’empêche que l’effort budgétaire réalisé afin de soutenir les ménages a été considérable. La question de savoir si cela était nécessaire ou pas n’est pas en cause. Cette aide était nécessaire dans une économie qui a été mise à l’arrêt par la crise sanitaire. Le sujet est celui de l’ampleur de l’aide et ses effets.

Les transferts faits par le gouvernement aux ménages en ce début 2021 représente plus de 50% du revenu disponible des ménages (hors transferts), soit supérieurs à ceux versés au pire de la crise au printemps dernier.

Etats-Unis : des transferts historiques aux ménages

Ce soutien, dont le ciblage n’est pas très fin, même s’il y a des conditions de revenus pour en bénéficier, a créé une manne pour les ménages américains qu’ils vont dépenser. Ceux qui pensaient ou qui pensent encore qu’une très large partie devrait être épargnée, les chiffres leur donnent déjà tort. Il est vrai que l’amélioration du marché de l’emploi, même si elle se fait de manière rapide, pourrait résulter dans la constitution d’une épargne de précaution du fait d’un niveau de chômage encore élevé. Toutefois, les catégories les plus fragiles sont, en général, celle qui ont la propension à épargner la plus faible.

Le plus probable est que nous allons assister, comme nous venons de le voir en mars, avec une progression de la consommation de 3,6% en termes réels, a des dépenses des ménages qui seront très élevées sur plusieurs mois.

Ainsi le bas de laine qui a été constitué devrait être un soutien fort de la consommation sur les mois à venir, d’autant plus que le marché de l’emploi devrait continuer à s’améliorer alors que l’économie rouvre.

Ainsi, le taux d’épargne qui est remontée à 27% en mars 2021 grâce aux transferts du gouvernement, devrait entamer sa descente au cours des mois qui viennent. Celle-ci pourrait s’avérer tout aussi rapide que ce que nous avons connu l’année dernière.

Etats-Unis

La question qui avait donc été soulevé sur une impulsion budgétaire bien trop forte pour accompagner la reprise, ou du moins pas assez ciblée, reviendra sur le devant de la scène, d’autant plus que la politique monétaire, elle aussi,, pour l’instant continue de fournir une liquidité extrême à l’économie. La surchauffe ne devrait pas faire de doute. En revanche, son ampleur et les pressions nouvelles que celle-ci pourrait exercer sur la formation des prix va être le sujet des mois et trimestres à venir.

Le marché pour l’instant est rassuré de voir que l’inflation au niveau des prix de la consommation reste contenue. En effet, l’indicateur d’inflation que suit la Fed, le déflateur de la consommation, hors les éléments les plus volatils, soit les prix de l’énergie et des aliments, est ressorti en mars à 1,8% en glissement annuel. Pas inquiétant, même si sur le seul mois de mars, il a progressé de 0,4%, soit la plus forte hausse depuis plus de 20 ans. Ceci peut être temporaire, mais l’inflation est un phénomène retardé. Ainsi la « vrai » pression sur les prix arrivera dans les mois à venir. Sera-t-elle forte ou non ? C’est difficile de le dire, mais l’intuition porte à croire que la réponse est oui.  Peut-elle venir pousser encore plus haut les anticipations d’inflation du marché et des ménages ? Ce sera une des grandes questions, mais qui nécessitera quelques mois de statistiques avant de devenir une musique gênante pour les marchés.

On ne se le répétera jamais assez, l’expérimentation de politique économique aux US visant à créer une surchauffe temporaire, est justement par définition une situation inédite. Il est possible qu’elle soit une réussite totale. Cela ne veut pas dire que les évolutions à venir au cours de 2021 ne peuvent pas s’avérer perturbantes, voire déstabilisantes pour les marchés.

La bonne nouvelle pour le reste du monde est que ces politiques et la possibilité de l’économie américaine de rebondir fortement grâce aux vaccinations vont créer une demande puissante. Les États-Unis seront définitivement la locomotive de la croissance mondiale au cours de trimestres à venir.

Ainsi, la détérioration du commerce extérieur américain devrait se poursuivre, même si elle pourrait être atténuée quelque peu par la hausse du de la demande de pétrole et du prix. Évidemment, ceci, avec un déficit public américain qui restera considérable pourrait peser sur le dollar, ce que nous avons vu au cours du mois de mars. Néanmoins, la force de la croissance devrait soutenir le billet vert ou du moins lui offrir un soutien. En revanche, à moyen terme, d’autant plus si la politique monétaire est ajustée avec beaucoup de lenteur, une baisse prolongée pourrait être inéluctable.

Source : La Banque Postale Asset Management

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