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Le géopolitique sur le devant de la scène

Les tensions entre la Russie, l’Ukraine et l’OTAN ont dominé les marchés cette semaine, reléguant au second plan les parutions économiques et les discours des banquiers centraux. Les emprunts d’Etat ont joué leur rôle de valeur refuge tandis que les actifs risqués étaient délaissés.

Pourtant, les données économiques restent bien orientées et les indicateurs d’inflation sont toujours tendus. Aux Etats-Unis, les statistiques de vente au détail et de production témoignent d’une activité soutenue. Le taux d’utilisation des capacités revient sur les niveaux de début 2019. Les permis de construire restent aussi très bien orientés. Côté inflation, la parution du Plan particulier d’intervention – PPI – (+9,7 % en glissement annuel) confirme la persistance de tensions inflationnistes en amont, laissant peu d’espoir à une baisse rapide de l’inflation.

Dans la zone Euro, la production industrielle surprend à la hausse et l’emploi reste bien orienté. Les marchés obligataires ont commencé à intégrer le risque ukrainien et les taux souverains à long terme se sont détendus en fin de semaine de part et d’autre de l’Atlantique.

De fait, aux Etats-Unis, après avoir dépassé le seuil symbolique de 2 %, le taux à 10 ans américain a clôturé la semaine à 1,93 %. Les marchés continuent par ailleurs à anticiper 6 remontées des Fed funds en 2022, maintenant les taux à court terme sur de hauts niveaux. En effet, la parution des Minutes du dernier FOMC confirme la volonté de la Fed de relever les taux directeurs à un rythme plus élevé que lors des derniers cycles de hausse et une réduction précoce de son bilan semble être une idée relativement bien partagée.

Le taux à 10 ans allemand a surperformé son homologue américain. Après avoir dépassé 0,30 %, il s’est établi à 0,19 % en fin de semaine. En effet, Christine Lagarde a, dans ses différentes interventions, insisté sur le caractère graduel de toute modification de la politique monétaire européenne, permettant aux anticipations de remontée des taux directeurs européens de refluer et entraînant au total une légère pentification de la courbe.

Les obligations privées ont poursuivi leur sous-performance par rapport aux emprunts d’Etat.

Les marchés actions des pays occidentaux continuent d’évoluer au gré de l’évolution des tensions russo-ukrainiennes et ont ainsi corrigé sur la semaine. Les marchés émergents résistent mieux, avec notamment le marché chinois, positif sur la semaine.

Le « flight to quality » sur les marchés actions a résulté en une bonne tenue des secteurs de la consommation, en raison également de publications positives. A contrario, les financières et l’énergie sont en queue de peloton avec des prises de profits sur les segments aux faibles valorisations.

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Directeur de la gestion chez Ecofi

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