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[Le marché du lundi] Vote « climat » aux assemblées générales : bilan et tendances

Agence SAND

Institutionnal Shareholder Services (ISS), première agence mondiale de conseil en votes, vient de publier un rapport sur la prise en compte du climat dans les votes aux assemblées générales des 12 principaux pays mondiaux.

Neuf marchés ont présenté des résolutions d’actionnaires liées au climat en 2020 : Australie, Canada, France, Japon, Norvège, Afrique du Sud, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis. Une grande partie de celles-ci (60 au total) a été impulsée par Climate Action 100+, une coalition d’investisseurs lancée fin 2017 qui compte désormais plus de 570 investisseurs et plus de 54 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion. La coalition demande aux entreprises de mettre en œuvre des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), en conformité avec les objectifs de l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement en deçà de 2 degrés, et de fournir des informations précises pour permettre aux investisseurs d’évaluer la solidité des plans climat des entreprises.

En 2020, les résolutions climat ont concerné principalement le secteur bancaire, le secteur pétrolier et gazier et le secteur minier.

Au cours des cinq dernières années, les résolutions demandant aux entreprises de réaliser des analyses des risques climatiques ont connu une tendance à la baisse, alors qu’à l’inverse les demandes de plans de transition climatique pour se conformer à l’Accord de Paris ont augmenté. En effet, de nombreux actionnaires souhaitent aller au-delà des informations climat divulguées par les entreprises pour essayer de provoquer des inflexions dans les stratégies menées en réponse à au changement climatique.

En 2020, les résolutions climat d’actionnaires les plus nombreuses ont porté sur l’exigence d’objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES). Cette année-là toutes les résolutions ont été rejetées à l’exception d’une résolution « Say on climate » chez le gestionnaire aéroportuaire espagnol Aena qui avait reçu le soutien du conseil d’administration. Il ne faut cependant pas sous-estimer l’influence de ces résolutions. En France par exemple, une coalition de 11 actionnaires dont Ecofi, a demandé à Total d’aligner sa stratégie sur les objectifs de l’accord de Paris. Cette résolution a été approuvée par un peu plus de 16% des actionnaires et Total a rapidement annoncé son engagement à atteindre la neutralité carbone pour ses opérations mondiales (scope 1+2) d’ici 2050, à atteindre la neutralité carbone en Europe en intégrant les fournisseurs et les consommateurs (scopes 1+2+3), et à réduire l’intensité carbone des produits utilisés par ses clients de plus de 60% d’ici 2050.

En 2021 beaucoup de résolutions « Say on Climate » demandant aux entreprises de présenter un plan climatique aux actionnaires devraient voir le jour. En septembre 2020, Climate Action 100+ a annoncé qu’elle souhaitait que 161 entreprises se fixent des objectifs à moyen terme pour réduire les émissions de 45% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2010 afin d’atteindre leur objectif « net-zéro », ce qui signifie réduire effectivement les GES à zéro.

Une tendance récurrente qui va se poursuivre en 2021 est l’introduction de paramètres de performance climatique dans la rémunération des dirigeants, pratique soutenue notamment par la Task-Force on Climate-Related Financial Disclosures (TCFD).

par François LETT, Directeur du département éthique et solidaire

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