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Le marché du travail américain reste trop lent pour faire fléchir la Fed

Malgré des signes encourageants, le rééquilibrage offre-demande sur le marché du travail américain reste trop lent pour faire fléchir la Fed. La tâche des banques centrales est cependant compliquée par les craintes croissantes au sujet de la stabilité financière.

La salve récente d’indicateurs économiques américains dresse le tableau d’une économie américaine toujours solide, mais avec une réduction des déséquilibres offre-demande sur les marchés des biens et services et sur le marché du travail (graphique 1). Le niveau des stocks parait de plus en plus normal, les délais de livraison également, et les pressions sur les prix se modèrent. Les offres d’emplois ont par ailleurs nettement baissé au mois d’août après une légère remonté en juillet.

Une poursuite suffisamment rapide de la tendance à la baisse de ces offres d’emplois fait partie des conditions nécessaires souvent citées par la Fed pour la maitrise des salaires. Notons cependant que, lissée sur les derniers mois, la hausse des salaires horaires semble stabilisée autour de +4,5% annuels (graphique 2).  C’est certes plus que les +3%-3,5% de hausse d’avant Covid, mais c’est aussi nettement moins que les +6% du début d’année. Ces chiffres ne sont pas suffisamment rassurants pour conduire la Fed à changer de discours, mais ils suggèrent qu’il ne sera peut-être pas nécessaire de rendre la politique monétaire ultra restrictive avec, par exemple, des taux d’intérêt de 5% ou plus pour obtenir la normalisation espérée.

En attendant les prochains indices d’inflation, les investisseurs vont cependant continuer à s’inquiéter des implications de la hausse des taux sur la stabilité financière. Pour des raisons à la fois d’ampleur de la hausse des rendements et de très forte sensibilité des prix des obligations à ces hausses de rendement quand les taux sont encore bas (effet duration), l’année 2022 restera dans les annales comme le plus gros krach obligataire de l’histoire moderne (graphique 3). Les premiers signes de douleur sont venus fin septembre des fonds « LDI » (Liability Driven Investing ») qui ont assisté les fonds de pension britanniques dans leurs gestion actif-passif. Il est impossible de savoir si d’autres segments de marchés donneront des signaux d’alertes aussi sérieux dans les semaines à venir, mais nul doute qu’après cet épisode le contrôle des risques va s’accentuer dans les institutions financières. Ces contrôles vont maintenir les marchés sous un régime de prime de risque élevées. Les investisseurs seront à cet égard particulièrement attentifs à la situation anglaise, la Banque d’Angleterre étant sensé arrêter son soutien au marché des bons du trésor à long terme à partir du 14 octobre, puis monter fortement ses taux d’intérêt à court terme le 3 novembre.

Dans ce contexte compliqué nous préférons nous abstenir de toute position sur le marché obligataire dans un sens ou dans l’autre. Nous maintenons une nette sous-pondération des actions dans nos fonds flexibles internationaux, toujours au profit des titres monétaires. Nous demeurons bien entendu prêts à ajuster nos positions face à ces marchés certes très difficiles mais où les opportunités ne manqueront pas dans les semaines qui viennent.

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