Le nécessaire renouveau de l’Allemagne

Le modèle allemand est il encore la référence vers laquelle les européens voulaient tendre dans un passé récent? Pas sûr

Il reposait sur plusieurs piliers

1- Le Mittelstand au cœur de l’innovation industrielle. Ces entreprises de taille moyenne à l’actionnariat familial alliaient puissance manufacturière et compétitivité.
2- La vertu associée à la capacité de rééquilibrer rapidement les finances publiques. Une loi constitutionnelle de 2009 contraint fortement les capacités de dépenses de l’Etat. Cela a donné à l’Allemagne un leadership incontesté au sein de la zone euro.
3- La possibilité de disposer d’énergie à bas prix via des contrats de long terme avec la Russie notamment. C’était une variable essentielle pour comprendre sa compétitivité industrielle.
4- L’importance de la Chine et de l’Asie dans les exportations outre-Rhin. Ce moteur est majeure lorsque les exportations ont un poids équivalent à celui de la consommation des ménages.

Ces quatre piliers volent en éclat.

Le renchérissement du prix de l’énergie pourrait être une incitation pour les entreprises allemandes à aller voir ailleurs. Dans un interview ce week-end dans le Financial Times Gunnar Goebler CEO de Salzgitter (deuxième entreprise de métallurgie) lance un appel pour que les entreprises ne désertent pas le sol allemand.

Et où iraient elles s’interroge the Economist ? Vers la France qui attire les investissements directs allemand en Europe. La France est désignée comme le pays le plus attractif pour la 4ème année consécutive. Les choix pro business du gouvernement font plus rêver que la lourdeur administrative allemande.

La Russie n’a plus la même capacité à vendre de l’énergie bon marché et la Chine est elle aussi en phase de renouvellement de son modèle. En outre, l’Empire du milieu ne fait plus rêver les entreprises puisque les investissements directs étrangers ont reculé pour la première fois au troisième trimestre.

Le dernier point est la tourmente des finances publiques. La semaine dernière la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe retoquait le transfert de 60 milliards de crédit initialement prévus pour lutter contre la pandémie et que le gouvernement voulait réorienter vers la lutte contre le changement climatique. Ce choix de la Cour de Karlsruhe a forcé le gouvernement à lever la procédure constitutionnelle de limite à l’endettement pour 2023. L’Allemagne a besoin de dépenser davantage pour converger vers la bonne trajectoire de la transition énergétique et les contraintes qu’elle s’est fixée ne le lui permette pas même si elles sont constitutionnelles.

Cette nouvelle forme de l’économie allemande va forcément engendrer une dynamique pro-européenne puisque l’économie globale se polarise Dès lors, les intérêts européens se concentrent sur le vieux continent.

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