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Le papetier finlandais UPM se repositionne sur l’économie verte

UPMSource : Bloomberg, mai 2022

Alors que la consommation de papiers graphiques décroit de 5% par an, face aux usages numériques qui continuent de se développer, les capacités de production de l’ensemble du secteur se sont ajustées à un rythme supérieur. Malgré la réouverture des économies à partir du deuxième semestre 2021, les prix du papier graphique sont restés stable avant de très fortement rebondir en 2022. Depuis le début de l’année, les prix du papier affichent des hausses supérieures à 100%, ce qui laisse anticiper un excellent premier semestre 2022 pour les acteurs du papier.

La qualité et la rentabilité des actifs d’UPM lui confèrent un statut de leader sur le marché du papier graphique que des industriels de plus en plus nombreux quittent en convertissant leurs capacités de production. En parallèle, UPM investit dans de nouvelles technologies qui devraient permettre de désensibiliser les bénéfices du groupe aux aléas du marché du papier. UPM détient également des actifs forestiers valorisés à près de deux milliards d’euros soit 10% de sa capitalisation.

Pour Guillaume Buhours, analyste buy-side chez Gay-Lussac Gestion, le moment est propice car UPM achève son programme d’investissement. Deux nouveaux sites vont se mettre en route pour développer successivement deux lignes de métiers porteuses d’avenir : la production de pâte à papier destinée au biofuel et la production d’actifs biochimiques permettant de remplacer les emballages plastiques tels que les bouteilles en PET.

Au début de l’an prochain, UPM prévoit d’ouvrir son usine de pâte à papier de Paso de los Toros en Uruguay, un projet dans lequel la société a investi 3,2 milliards d’euros depuis 2009. Elle produira de la pâte à papier en partie destinée au biofuel. Le site de Paso de los Toros ambitionne de devenir un leader en matière de rentabilité grâce à un coût de production de 280$ la tonne. Selon Gay-Lussac Gestion, ce projet latino-américain permettra d’augmenter le résultat opérationnel (EBIT) du groupe de 10% en 2023 et de plus de 30% lorsque l’usine fonctionnera à pleine capacité.

A la fin de 2023 devrait démarrer le site allemand de Leuna. Il fera entrer UPM dans l’activité biomoléculaire qui consiste à extraire des molécules à partir de bois et résidus de bois pour remplacer les dérivés du pétrole dans l’emballage. Le partenariat d’UPM avec Coca-Cola, pour produire une bouteille entièrement biodégradable, devrait entrainer d’autres alliances. L’industriel finlandais a d’ailleurs noué des partenariats dans le textile, les pneumatiques automobiles et la fabrication de produits de dégivrage.

Source : Gay-Lussac Gestion, fin mai 2022

Alors que plusieurs analystes s’interrogeaient sur l’impact des grèves qui ont paralysé les activités du groupe en Finlande en début d’année, UPM a confirmé ses objectifs pour l’exercice 2022 lors de la publication des résultats du premier trimestre. L’envolée des prix du papier et de la pâte à papier a permis au groupe de compenser en partie la baisse de l’activité subie en début d’année.

Les hypothèses établies par la société Gay-Lussac Gestion sont fondées sur l’amélioration de la rentabilité induite par les nouvelles capacités de production et le repositionnement vers des produits sans hydrocarbures, qui devraient réduire la cyclicité des bénéfices du groupe, historiquement très exposé au papier. Cette transition est permise par la division papier graphique qui est fortement génératrice de trésorerie. UPM traite à un P/E de 13 fois les bénéfices estimés pour 2022 ce qui laisse un potentiel de progression par rapport aux entreprises comparables qui traitent à un multiple de 15 environ.

EA/Achevé de rédiger le 9 juin 2022

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