Le play book “moins de croissance et des taux plus bas” qui profite à la tech peut-il durer ?

En théorie, le cahier scolaire de l’investisseur est clair. Les actions européennes (composées à 37% de valeurs industrielles et de consommation discrétionnaires) l’emportent quand le dollar et les PMI progressent de concert (scénario de reflation). Les marchés américains (40% de valeurs technologiques !) prennent leur revanche quand la croissance économique se fait plus rare et que les taux, en baisse, dopent la valeur terminale des modèles de flux de trésorerie actualisés.

Mais le manuel de travaux pratiques est plus abscons, et les clefs de lecture souvent rédigées à l’encre sympathique. Depuis le début de l’année, les marchés européens s’affranchissent de façon surprenante de leurs entraves macro-économiques. Quand bien même les indicateurs manufacturiers pointent vers un ralentissement de la croissance que ne trahissent pas les chiffres d’inflation, en baisse… Ni les cours du pétrole qui ne profitent pas de la rhétorique agressive de l’Arabie Saoudite ou de l’imminence d’un sommet de l’OPEP sous tension ce week-end.

Pour trouver les grands gagnants des dernières semaines, il fallait révéler les précieux secrets que renferme cette encre invisible à la lumière de la flamme dansante de l’intelligence artificielle. L’IA, ce feu prométhéen qui ouvrirait presque la voie à la singularité homme-machine (bientôt déposée sous la marque Neuralink) et qui porte aussi et surtout les espoirs d’une croissance des ventes infinie dans un monde qui ralentit…

En hausse de près de 10% par rapport à la clôture 2022, le S&P500 qui comble son retard par rapport aux actions européennes est tiré par le club des 7 valeurs technologiques (Apple, Google, Microsoft, Amazon, Nvidia, Meta et Tesla) à qui il doit 80% de sa performance!

La semaine dernière, selon Bank of America, 9 milliards de dollars ont été investis sur les valeurs de la tech, pesant pour plus de la moitié du plus fort arbitrage sur les actions (14 milliards de dollars) depuis février 2023.

A l’opposé du spectre étincelant des promesses du high performance computing, le secteur minier européen (-15% depuis le début de l’année) est massacré.
La reprise chinoise, hétérogène, ne profite pas à la construction et au résidentiel.
Le déstockage des aciéristes entraine les métaux industriels (cuivre :-23% depuis les plus hauts de 2022, minerai de fer -33%) vers leur très théorique “seuil fondamental de valorisation”…

En ce début d’année, le repli de la masse monétaire globale, enclenché en 2022, a marqué une pause (qui n’est pas étrangère au rebond des marchés qui y sont le plus sensibles). Il est dû en partie à l’injection de liquidités d’urgence en réponse à la crise SVB… Et à l’impulsion d’une Bank of Japan qui s’ostracise.

Face à elle, il ne faut pas oublier qu’un autre club, celui des 6 banques centrales (Fed, BCE, BoE, BoC, RBNZ, RBA) va continuer d’assécher de 100 milliards de dollars par mois le pool de liquidité mondiale pendant plus d’un trimestre.

Désormais convaincus à 70% que la FED laissera ses taux inchangés à sa prochaine réunion avec les marchés, rassurés quant au plafond de la dette, les investisseurs dénouent leurs achats d’or, ce hedge contre le chaos, qui subit sa première décollecte en 6 semaines. Ils ne doivent pas oublier que la pause que pourrait marquer la FED dans son programme de hausse des taux n’est pas synonyme de fin du quantitative tightening à l’échelle mondiale. Quant à l’effet qu’une contraction nette de la liquidité produit sur les conditions financières, les taux et les actifs risqués, le manuel scolaire, est lui aussi très clair…

Texte achevé de rédiger le 2 juin 2023 par Thomas Planell, Gérant – analyste.

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