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Le ralentissement économique mondial se confirme et s’accompagne d’une baisse des pressions inflationnistes

Alors que la Banque centrale européenne vient de mettre fin aux taux négatifs en Europe et que la Réserve fédérale américaine s’apprête à monter à nouveau ses taux d‘intérêt, les investisseurs regardent déjà de l’autre côté de la montagne. Les signes de ralentissement économique se sont en effet multipliés, avec une forte baisse des indicateurs avancés aux Etats-Unis (-0,8% en juin après -0,6% en mai) et un repli des indicateurs PMI en juillet (graphique 1). En plus du ralentissement industriel, le boom post-Covid du secteur des services commence à se modérer dans les pays développés. Ce point est important pour le marché de l’emploi, souvent en surchauffe, les services représentant environ 75% des emplois dans l’économie. Les enquêtes indiquent par ailleurs une normalisation des délais de livraison et une perte de dynamique des hausses de prix.

L’impact désinflationniste du ralentissement économique est accentué par la baisse des prix de la plupart des matières premières (à l’exception bien évidemment du gaz naturel européen). Les prix des métaux ont récemment atteint un plus bas de l’année, et les prix des matières premières agricoles ont considérablement rebaissé depuis le choc ukrainien. L’accord récent entre la Russie et l’Ukraine sur les livraisons de blé pourrait consolider ce mouvement. Mais c’est aussi le très emblématique prix des carburants qui s’oriente à la baisse, avec une correction de 12% du prix moyen de l’essence aux Etats-Unis (graphique 2).

Les incertitudes sur le rythme, la durée et l’étendue du ralentissement économique restent grandes. Une véritable récession américaine devient par exemple moins probable si les prix de l’essence rebaissent sensiblement. De plus, et même si ce processus est pour l’instant chaotique, la Chine devrait pouvoir rebondir et donc soutenir l’économie mondiale et les cours de certaines matières premières dans les trimestres à venir. En Europe, enfin, l’ampleur du ralentissement se joue au niveau des variations de flux qui transitent par les gazoducs, variations qui dépendent de la stratégie toujours aussi imprévisible du Kremlin.

Le débat sur l’ampleur du ralentissement actuel va continuer, mais les marchés des actions pourraient bénéficier de la baisse des pressions inflationnistes et des taux à long terme, d’autant plus que le positionnement des investisseurs reste extrêmement prudent. Nous avons donc un peu réduit le niveau de couverture de nos positions dans nos fonds flexibles.

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