Graphique | Les actualités économiques et financières

Le risque haussier de l’inflation et corollairement celui de la récession sera le thème dominant du 2ème trimestre

Par Philippe Percheron, Gérant de fonds diversifiés

1 – Des risques toujours présents

Le risque chinois

Des chiffres économiques en progrès. Le recul de la pandémie a permis une réouverture progressive de l’activité dans l’industrie et des services, mais on est encore loin des niveaux de 2021.

La demande de produits chinois est en panne : la demande domestique est pénalisée par les restrictions, la remontée du chômage tandis que l’extérieure, qui avait fortement soutenue l’économie chinoise en 2020 et 2021, n’est plus là.

Le risque sanitaire n’est pas à écarter compte tenu du déclenchement de la 7ème vague de Covid 19 en Occident.

Le risque Russo-ukrainien

Une guerre sans fin…

L’invasion, les pillages, les pénuries, les dysfonctionnements des chaines d’approvisionnement créent des pressions haussières sur l’inflation et brident l’activité économique mondiale des services.

Les sanctions de l’occident envers la Russie et la riposte de la Russie pèsent sur l’activité en Europe, en Grande Bretagne et aux États-Unis.

Le resserrement des conditions financières

Les Banques Centrales, à l’exception de la Chine qui continue de mener une politique monétaire accommodante, ponctionnent fortement la liquidité mondiale.

La chute des marchés obligataires et des marchés actions ainsi que la hausse des taux d’intérêt ont aussi contribué à la contraction des conditions financières.

La perte de confiance généralisée des ménages et des entreprises.

2 – L’inflation est au cœur du problème

Depuis un an ou presque, l’inflation dépasse les attentes. Aujourd’hui, c’est l’inflation « core » qui continue d’accélérer, cela veut dire que la hausse des prix se propage dans l’économie. Plus elle s’étend, plus il y aura des effets de second tour, notamment sur les salaires et plus elle sera difficile à endiguer.

Dans ce contexte inflationniste, les Banques Centrales ont radicalement changé leur discours. Leur priorité, aujourd’hui, est de maitriser l’inflation, laissant les considérations liées à la croissance de l’économie au second plan.

Cela veut donc dire que le risque d’un atterrissage brutal de l’économie causé par un resserrement trop appuyé augmente et que pour les prochaines semaines, pour les prochains mois, le comportement des marchés sera dicté par l’évolution de l’inflation.

Ce n’est qu’une fois maitrisée que les banquiers centraux entameront la désescalade des taux d’intérêt pour relancer la croissance. Jusque-là, il faut s’attendre à une forte versatilité des marchés financiers.

Le risque est qu’à force de resserrer les conditions financières, elles risquent de casser la demande et d’enclencher une récession.

3 – Les fondamentaux ne sont pas assez solides pour prendre des risques

Actions

Les prévisions de bénéfices ne se sont pas encore ajustées au scénario économique.

Jusqu’ici, les baisses ont été principalement entraînées par la compression des multiples (P/E).

Que ce soit aux USA ou en Europe, les bénéfices par actions (EPS12m Fw) résistent. Aux USA, l’EPS12m Fw du SP 500 progresse depuis le début d’année, passant de 221,80 fin décembre à 227 aujourd’hui, tout comme celui de l’indice de la Zone Euro, ES50, passant de 281,7 à 313.

TOUTEFOIS, les entreprises se plaignent de plus en plus de la hausse des pénuries, des délais de livraison, mais aussi de la hausse des prix. D’ailleurs, lors des publications trimestrielles du T1, le mot « inflation », signe d’inquiétude, était sur toutes les lèvres. Le risque de voir des révisions en baisse des bénéfices au T2 et autres trimestres augmente, ce qui emmènera dans son sillage un nouveau recul des cours des actions.

Obligations

Obligations gouvernementales : Nous sommes neutres et estimons que les taux de rendements pourraient, temporairement, encore diminuer.

Crédit : le cycle se termine donc neutres.

4 – Des marchés financiers toujours sous-pression

La guerre en Ukraine et ses conséquences, les difficultés de la Chine et la remontée des taux directeurs impactent fortement les valorisations des actifs risqués. Dans ces conditions, nous maintenons toujours notre sous-pondération des actions et nos positions neutres sur les produits de taux.

Actions

La longue liste des inquiétudes empêche de faire des prévisions solides et de mettre en place des stratégies pérennes. Pour retrouver la sérénité, il faudra attendre la baisse de l’inflation, la reprise de l’économie chinoise et le maintien des marges de bénéfices.

Pour éviter des mauvaises surprises, nous sous-pondérons les actions dans leur ensemble. Parmi les actions émergentes, seules les chinoises restent intéressantes, mais avec modération.

Obligations

Le recul des rendements des obligations gouvernementales a, malgré une moindre ampleur, été tout aussi fort et rapide que la hausse observée en juin. À ces niveaux, les taux souverains sont moins attractifs. Nous revenons donc à la neutralité sur toutes les titres gouvernementaux.

Les spreads de crédit IG et de HY sont très resserrés, la prime de risque est devenue très faible, donc prudence sur l’IG et le HY. Neutralité aussi pour ces deux catégories

Nous maintenons la surpondération des obligations indexées inflation.

Valeurs refuges

Les matières premières et le dollar.

Achevé de rédiger le 20 juillet 2022

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