Eau | La revue de presse économique et financière

L’économie bleue, une thématique d’investissement encore trop méconnue

Bertrand ALFANDARI est Responsable du développement des ETF chez BNP Paribas Asset Management. Après nous avoir fait profiter de son expertise sur l’économie circulaire, dans une précédente interview, , il nous apporte aujourd’hui son éclairage sur une autre tendance lourde : l’économie bleue, qui fait elle aussi l’objet d’un ETF thématique de BNPP AM.

FundsWatch : Avant d’aborder la question du pourquoi, un peu de travail sémantique s’impose. Qu’entendez-vous précisément par « économie bleue » ?

Bertrand ALFANDARI : BNPP AM est parti de la définition de la Banque Mondiale à savoir « l’utilisation durable des ressources océaniques en faveur de la croissance économique, de l’amélioration du bien-être, des revenus et des emplois et de la santé des écosystèmes océaniques ».

Cette définition établit clairement le lien entre croissance économique et gestion durable des océans. Elle répond à l’Objectif de Développement (ODD) n°14 des Nations Unies relatif à la « vie aquatique », que nous avions en tête dès la genèse du projet. Notons toutefois que si l’on parle d’économie bleue (« blue economy » en anglais) en visant l’économie « des océans », on peut élargir le sujet aux mers et aux rivières.

Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas ici de développer sans limite l’économie des océans, mais de la rendre plus durable et plus respectueuse de l’environnement.

FW : A vos yeux, cette tendance est est-elle incontournable ? N’est-ce pas un simple effet de mode ?

BA : Quelques estimations tout d’abord pour prendre la mesure de l’économie des océans, et l’ampleur de la dépendance de notre économie aux espaces maritimes :

  • Mers et océans couvrent plus de 70% de la surface de notre planète ;
  • 200 000 espèces y ont été recensées. Il y en a probablement des millions – les scientifiques en découvrent régulièrement, notamment dans les grandes profondeurs ;
  • 50% de l’oxygène que nous respirons provient des océans ;
  • 90% des marchandises échangées dans le monde voyagent par la mer ;
  • 60 millions de personnes travaillent directement dans le secteur de la « Blue Economy », ce qui est déjà considérable. Mais en vérité, les activités liées à l’économie bleue assurent la subsistance de plus de 820 millions de personnes dans le monde ;
  • On estime enfin, en prenant en compte sa contribution à la création de richesses, que l’économie bleue représenterait, si on devait la comparer à celle d’un un pays, la 7ème puissance économique mondiale ;

Ces quelques chiffres montrent indéniablement le caractère primordial de cette thématique et ses effets à très long terme. Or peu d’entreprises mesurent combien cet enjeu est considérable : seules 14% d’entre elles ont choisi de faire de l’ODD14 leur objectif prioritaire. C’est ce qui nous a poussé à nous y intéresser.

Nous ne « surfons » donc pas sur un effet de mode, par définition temporaire et amené à disparaître, mais sur la conviction profonde que l’avenir des océans et le nôtre sont intimement liés. D’une manière plus générale d’ailleurs, nous concevons nos solutions d’investissement avec pour but de les conserver plusieurs années voire décennies au sein de notre offre, en nous concentrant donc sur des thématiques pérennes comme celles du bas carbone ou de l’économie circulaire.

Lire la suite

Vous avez trouvé cette publication intéressante ?

Cliquez sur une étoile pour la noter !

Note moyenne / 5. Nombre de votes :

Aucun vote pour l'instant. Soyez le premier à noter cette publication.

Merci pour votre vote !

Vous pouvez ajouter un commentaire (optionnel).

Dites-nous en plus (optionnel) :

Total
1
Shares
Publications similaires