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L’emploi américain va orienter le marché sur la stratégie de sortie de la Fed

Agence SAND

Pour continuer à avoir confiance en l’avenir le marché a besoin de croissance. Ainsi, la prise de risque se voit confortée par des indicateurs d’activité qui restent toujours bien orientés. En effet, les enquêtes PMI pour le secteur manufacturier montrent bien que des deux côtés de l’Atlantique la production industrielle a bien résisté à la poussée des contagions. En fait, les indices PMI restent à des niveaux très au-dessus des moyennes historiques, même si en dessous de très hauts niveaux des mois passés.

PMI secteur manufacturier : le pic d'accélération de l'activité est passé mais l'activité reste robuste

En même temps, les tensions persistent sur l’appareil productif et restreignent la croissance à cause du manque d’intrants notamment. Il est difficile de dire quand ces contraintes, qui semblent se faire sentir aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis, vont vraiment s’atténuer. Pour l’instant elles semblent s’apaiser un peu mais restent très élevées, comme le montrent dans les enquêtes les délais de livraison qui se maintiennent à des niveaux très élevés. En même temps, autre sujet important du moment, les hausses de prix persistent, même si, et c’est une bonne nouvelle, elles semblent s’apaiser quelque peu.

Etats-Unis : les tensions persistent sur le secteur manufacturier (ISM)

La dynamique des prix est l’autre variable clé pour les mois à venir dans la détermination de la stratégie que suivra la Fed, mais aussi la BCE. En effet, l’évolution des prix pourrait venir challenger la vue que le haut niveau de l’inflation actuelle n’est que temporaire.

Dans la dynamique des prix aux Etats-Unis pour les mois, voire trimestres, à venir, il est certain que la situation de l’emploi jouera un rôle important. Pour l’instant il est difficile de percevoir des hausses généralisées de salaires et qu’y iraient au-delà des gains de productivité. Certes, les derniers chiffres sur la productivité ont montré que sur le trimestre précédent les salaires ont bien monté plus vite que la productivité. Toutefois, on n’a pas de statistiques qui montrent de manière systématique des fortes hausses des salaires dans l’ensemble de l’économe, même si les statistiques documentées par la Fed d’Atlanta sur l’évolution des salaires montrent que le salaire médian a vu sa croissance accélérer récemment.

Mais pour que les salaires maintiennent une dynamique haussière il faudrait que le marché de l’emploi continue de s’améliorer.  En ce sens la statistique d’aujourd’hui contribuera à renforcer ou à amoindrir la confiance la détermination affichée par la Fed de commencer la réduction des achats d’actifs.

Le consensus de marché attend encore un chiffre très élevé de créations d’emplois pendant le mois d’août dépassant les 700 mille postes, après 943 mille le mois précédent.  Ce chiffre très élevé s’inscrit toujours dans la logique de l’ouverture de l’économie, avec notamment la reprise du secteur des services, notamment dans la restauration, les spectacles et l’hébergement. Les embauches dans ces secteurs devraient de nouveau monter fortement.

Néanmoins, les incertitudes quant à la dimension des gains reste importante, comme nous l’avons déjà constaté les mois précédents avec des énormes surprises vers le haut comme vers le bas. Ainsi, alors que le consensus attend un chiffre très élevé, l’enquête de l’ADP est encore ressortie à « seulement » moins de 400 mille, tout comme le mois dernier. Les premiers effets de la nouvelle vague des contagions peuvent avoir eu un impact négatif sur les chercheurs d’emplois. Par ailleurs, dans les enquêtes auprès des entreprises elles se plaignent toujours de ne pas trouver des candidats aux postes offerts.

Restent aussi les désicitations au travail qu’auraient provoqué les aides très importantes accordées aux chômeurs lors du dernier plan de soutien. Sur ce point, il est difficile d’être péremptoire comme l’a montré une récente étude qui montre que les Etats, essentiellement Républicains, qui ont supprimé les aides ces derniers mois, n’ont pas vu de hausse notable de l’emploi.

Malgré ces incertitudes, il est évident que le marché de l’emploi continue de s’améliorer. La mesure la plus fiable en ce sens sont les demandes d’allocation chômage qui continuent de reculer. La relation avec le chômage est claire. Néanmoins, si bien cette statistique nous parle de la faiblesse des licenciements, elle nous dit moins sur la dynamique des créations d’emplois. Mais, compte tenu de la relation qu’existe avec le taux de chômage, elle pointe vers des gains substantiels de nouveaux postes de travail.

Etats-Unis : l'amélioration du marché du travail va de pair avec moins de destructions d'emplois

Au total, on doit s’attendre à un bon chiffre. Mais, s’il est inférieur aux attentes il faudra l’attribuer encore une fois au caractère très atypique de cette reprise et du retour fragmenté à l’emploi. Le taux de chômage devrait continuer à baisser sur les mois qui viennent, rassurant la Fed pour commencer à réduire graduellement sa stimulation extrême qui prévaut aujourd’hui. L’évolutions des salaires qui ressortira de l’enquête sera aussi importante à suivre afin de mesures les éventuelles pressions salariales qui pourraient se manifester dans ce contexte de difficulté à embaucher par les entreprises.

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