Comme le rappelle Patrick Artus (Ossiam) dans sa dernière note, l’Europe dispose d’un excédent courant massif, dont près de 400 milliards d’euros par an partent financer les États-Unis. Si cette épargne restait en Europe, elle couvrirait 60 % des besoins d’investissement identifiés par le rapport Draghi (transition énergétique, numérique, défense). Mais l’objectif paraît hors de portée : les marchés européens souffrent d’une dette publique trop fragmentée, d’une capitalisation boursière réduite face aux États-Unis, de l’absence d’une union des marchés de capitaux et d’une rentabilité des entreprises trop faible. Pour rivaliser, il faudrait accroître le capital-risque et le poids des technologies, ou déformer le partage des revenus en faveur des profits — une option socialement explosive.
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