Dans une tribune incisive, Philippe Charlez, expert en questions énergétiques, dénonce la demande des BRICS aux pays occidentaux de 1300 milliards de dollars au titre de leur « responsabilité climatique historique ». Si l’aide aux pays insulaires vulnérables reste légitime, il juge l’attitude des BRICS pour le moins hypocrite.
Les BRICS réclament aux pays occidentaux 1300 milliards de dollars pour leur responsabilité climatique historique : c’est l’hôpital qui se moque de la charité !
Lors leur sommet à Rio en juillet dernier les BRICS ont confirmé que « le financement de la lutte contre le changement climatique est la responsabilité des pays développés envers les pays en développement ». A ce titre ils ont appelé les pays de l’OCDE à mobiliser 1300 G$ pour la COP30 (Brésil novembre 2025).
Si les requêtes financières de certains pays émergents insulaires très pauvres et particulièrement vulnérables au réchauffement climatique sont légitimes, la position des principaux pays des BRICS toujours considérés comme « pays en développement » est pour le moins équivoque.
Alors que les émissions annuelles des principaux pays de l’OCDE déclinent depuis les années 2005, celle des BRICS sont en croissance exponentielle. Le croisement des courbes s’est fait en 2005 et aujourd’hui les BRICS émettent deux fois plus que l’OCDE.
Mais, le constat ne s’arrête pas aux émissions récentes. Si l’on s’intéresse aux émissions cumulées depuis 1965, les courbes se sont croisées en 2021.
L’argument de culpabilisation des pays riches par rapport à leurs émissions historiques est donc devenu caduque.
Quant à l’argument purement moral des émissions individuelles, il perd tout son poids quant on prend en compte la démographie puisque ce qui impacte le climat sont les émissions globales et non les émissions individuelles.
Enfin une analyse des BRICS pays par pays démontre l’ambiguïté de leurs revendications financières :
- la Chine émet un tiers des émissions mondiales et brûle la moitié du charbon
- l’Inde a accru ses émissions de 37% sur la dernière décennie
- l’Arabie Saoudite est le premier producteur mondial de pétrole,
- la Russie est le second producteur mondial de gaz et le troisième de pétrole
- le Brésil représente à lui seul 80% de la déforestation mondiale
En résumé la position des BRICS c’est celle de « l’hôpital qui se moque de la charité ». Instrumentalisant de façon éhontée leur statut de « pseudo » pays émergents et culpabilisant les pays de l’OCDE pour un passé climatique pourtant révolu, ils tentent de s’abstraire de tout financement voire essayent de se faire financer leur propre transition. Un jeu de dupe au sein duquel la Chine joue le rôle du chef d’orchestre de façon insidieuse.
