Les marchés actions sont-ils redevenus chers ?

Alors que les marchés actions sont focalisés depuis des semaines sur la détente des taux obligataires, carburant principal de la hausse fulgurante des indices depuis près de deux mois, dans un contexte de détente de l’inflation, ils semblent un peu moins focalisés sur les entreprises elles-mêmes et l’évolution des perspectives de résultats.

Si on s’arrête sur le SP500, on peut considérer que les multiples de valorisation sont redevenus « généreux » avec un ratio cours/bénéfices anticipés (P/E forward) de 19.5. Formulé autrement, le marché se paie 19.5 fois les bénéfices anticipés à 12 mois, assez nettement au-dessus de la moyenne des 10 dernières années et au-dessus également de la moyenne sur 5 ans.

Si on regarde un peu en arrière, c’est la zone qui commençait à marquer le début des excès de valorisation post-Covid, excès qui ont emmené le ratio à 23.5 en 2020, avant que la forte correction de 2022 ne ramène ce ratio à 15.

Plus récemment, cette zone au-delà de 19 traduisait aussi les excès de valorisation post réouverture sanitaire en Chine, au premier semestre 2023, avant qu’une correction au troisième trimestre ne ramène le ratio à 17.

Cette nouvelle envolée des multiples de valorisation au quatrième trimestre est clairement tirée par la détente des taux obligataires et la perspective du soft landing aux Etats-Unis. Mais il y a tout de même un aspect qui semble sous-estimé par les investisseurs : l’évolution des anticipations de résultats pour les entreprises du SP500 au quatrième trimestre.

Fin septembre, les analystes anticipaient un rebond des bénéfices du SP500 de plus de 8% pour le quatrième trimestre 2023 versus 2022. Mi-décembre, ces mêmes analystes considèrent désormais que le rebond des bénéfices ne sera plus que de…2.4%. Cette large dégradation des anticipations de progression des résultats en l’espace de quelques mois vient du ralentissement de l’économie américaine entre le troisième et le quatrième trimestre.

Ce même ralentissement qui est également « pricé » par le marché obligataire et qui le pousse à anticiper beaucoup de baisses, mais un nombre de baisses de taux trop important par rapport aux estimations des membres de la Fed eux-mêmes…On pourrait commencer à se demander si les investisseurs n’ont pas déjà largement « consommé » les anticipations de baisse de taux de la Fed et s’ils ne vont pas commencer à se pencher un peu plus sur l’aspect micro/résultat des entreprises, dans un environnement où les actions recommencent à être chères.

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