Olympic | La revue de presse économique et financière

Les marchés dans une forme olympique

Agence SAND

A l’aube d’une semaine cruciale où sera publié le PIB du deuxième trimestre dans de nombreux pays (Etats-Unis, zone Euro, Suède, Mexique, Corée du Sud, Taiwan et Hong Kong) et les résultats du quatrième trimestre de plusieurs poids lourds (Apple, Facebook, Microsoft, Alphabet et Amazon), les places boursières ont renoué avec les records. Oubliée donc la semaine précédente où les craintes sur l’évolution de la croissance suite au regain en intensité de la pandémie de Covid-19 avaient obligé les investisseurs à prendre leurs profits. Et, une fois de plus, ce retour du sentiment positif est à mettre au crédit des banquiers centraux. Nous avons ainsi eu la confirmation, même si on le savait déjà, que la Banque centrale européenne (BCE) s’abstiendrait de tout resserrement prématuré qui nuirait à l’économie. Ainsi, en dépit des vives protestations de Jens Weidmann (Bundesbank) et de Pierre Wunsch (Banque nationale de Belgique), l’institution monétaire européenne s’engage à maintenir de manière durable le biais ultra-accommodant de sa politique monétaire. Dans ce contexte, il n’a pas été étonnant de voir la BCE maintenir un rythme soutenu à son programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP). Même si l’enveloppe globale est restée à 1 850 milliards d’euros et que l’échéance est programmé à fin mars 2022, il semble que l’on ne soit plus loin du moment où la BCE annoncera de nouvelles initiatives.

En effet, la publication des comptes nationaux devrait montrer une accélération de l’activité. Le consensus table sur une progression de plus de 10,2% et de 8,5% en rythme annualisé, respectivement aux Etats-Unis et en zone Euro, grâce à la consommation avec l’assouplissement des mesures de distanciation sociale. Depuis cette photographie, les choses ont considérablement évolué, parfois dans le mauvais sens comme l’a montré le premier recul en six mois du moral des consommateurs de la Commission européenne (passé de -3,3 à -4,4 points). En effet, comme l’a reconnu Christine Lagarde, la présidente de la BCE, le variant Delta jette un froid sur les perspectives économiques. Ainsi, l’inquiétude suscitée par la flambée des cas de Covid-19 à l’échelle de la planète, mais plus particulièrement en Europe, contraint les autorités à remettre en place les mesures de restriction à l’image de la France où le « pass sanitaire » est en passe d’être généralisé. Cela rend de facto la vaccination obligatoire pour quiconque souhaite avoir un semblant de vie normal, ce qui a provoqué un début de protestation. Cette dégradation du climat social est un des risques les plus importants pour les prochains mois, tant les sources de mécontentement sont nombreuses (pétrole cher, projet de réforme des retraites, inflation, approche des élections, etc.). Cela n’a toutefois pas nui à l’évolution de l’OAT à 10 ans (-7 points de base – pbs – à -0,087%) et l’écart de rendement avec l’Allemagne est resté stable. Suite aux propos de la BCE, on a même constaté une surperformance des emprunts souverains à 10 ans de l’Italie (-8 pbs, à 0,6293%) et du Portugal (-8 pbs, à 0,206%) par rapport à l’Allemagne (-7 pbs, à -0,419%) et aux Etats-Unis (-2 pbs, à 1,2797%).

En dépit de cette contreperformance des taux américains, le dollar a été une des monnaies les plus recherchées (+0,24% contre toutes les devises, à 92,911 points en fin de semaine). Pourtant, les indicateurs avancés comme l’indice PMI Composite (-4 points en juillet, à 59,7), ont commencé à se replier dans la première économie du monde. Certes, on reste encore sur des niveaux très élevés mais l’évolution de la composante liée aux services, passée de 64,6 en juin à 59,8 en juillet, suscite des inquiétudes sur les conditions d’exploitation. C’est dans ce contexte que va se dérouler la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) dont les effets sur les marchés devraient être probablement moins importants que le précédent FOMC.

En effet, après avoir fait un pas vers un biais moins accommodant, l’appréciation des taux longs qui en a découlée a fait long feu. Dorénavant, la Fed va veiller à ce que sa communication ne perturbe pas outre mesure les investisseurs. Elle va une nouvelle fois insister sur un rétablissement du marché de l’emploi avant toute réduction des achats de titres. La récente remontée des nouvelles inscriptions au chômage (de 368 000 à 419 000) ne milite pas pour ce scénario à court terme.

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