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Les perspectives économiques restent délicates mais le pire est de moins en moins sûr

La prime de risque dont souffre les actifs européens depuis la guerre en Ukraine a commencé à se détendre.  Les perspectives économiques restent délicates mais le pire est de moins en moins sûr. Si l’hiver économique européen s’avérait plus doux que prévu, la BCE serait sans doute amenée à monter ses taux d’intérêt au-dessus des attentes actuelles du marché.

A la remontée de l’indicateur ZEW que nous notions la semaine dernière s’ajoutent désormais celle de la composante anticipation de l’indice IFO, ainsi qu’un rebond de la confiance des consommateurs en zone euro (graphique 1).  Les niveaux de confiance restent bas, mais les prix des marchés financiers sont souvent faits à la marge. Quand une situation catastrophique devient simplement très mauvaise, les marchés montent.

La force de la réponse budgétaire (aides, boucliers tarifaires), la baisse des prix des matières premières et la probabilité désormais beaucoup plus faible de pénuries sévères d’énergie pendant l’hiver soutiennent ce rebond. Le stock d’épargne des ménages de la zone euro reste de plus très confortable, ce qui diminue la probabilité d’une forte baisse de la consommation.

La reprise du secteur automobile, qui se relève progressivement du choc des pénuries de composants, devrait aussi continuer à soutenir la croissance (graphique 2). Dans ses dernières prévisions, l’OCDE prévoit une croissance médiocre mais positive de +0,3% de la consommation en zone euro en 2023 (et +0,5% sur le PIB).

Si le scénario central décrit par l’OCDE dans sa dernière livraison de prévision se réalisait, il existe probablement un potentiel de surperformance des actions européennes cet hiver.

C’est en revanche l’inverse pour les obligations. Contrairement au consensus, qui prévoit un retour à 2% d’inflation en 2024, l’OCDE prévoit que l’inflation resterait plus résiliente (+3,4% en 2024 après +6,8% en 2023). L’institut de prévision pense dès lors que la BCE se montrera nettement plus ferme que ce que prévoit le marché, avec des taux de dépôt qui atteindrait 3,75% au printemps 2023, contre un pic un peu en dessous de 3% prévu par le marché (graphique 3). Notre vision est plus proche du scénario OCDE que de celui du marché.

Dans nos fonds flexibles internationaux nous avons à nouveau renforcé notre position vendeuse sur l’obligataire allemand à 5 ans, dont le rendement nous semble destiné à se diriger nettement au-dessus de 2%. Nous renforçons parallèlement notre position longue sur le 30 ans américain, position qui permet de couvrir une partie du risque de portefeuille en cas d’affaiblissement soudain de la croissance américaine. Nous maintenons notre politique de fort investissement dans les actifs monétaires de la zone euro, qui bénéficient de la hausse des taux de la BCE, allié à une exposition très diversifiée aux actions internationales.

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