Les politiques non-orthodoxes et anachroniques en Angleterre ne vont pas aider

Les marchés continuent d’intégrer difficilement les perspectives de resserrement monétaire massif à un moment où les perspectives économiques sont négatives et où les incertitudes géopolitiques restent extrêmes.

  • Ainsi, les marchés actions sont orientés à la baisse ce matin après avoir connu leur plus forte baisse depuis juin la semaine dernière (-4,4%). Les taux d’intérêts souverains continuent de monter à des plus hauts depuis 2008 et les courbes de taux continuent de s’inverser. Enfin, le marché des changes reste sous tension avec un Euro et un Yen atteignant des plus bas depuis plus de 20 ans face au dollar, l’euro clairement sous la parité désormais.
  • Nous pensons que le marché intègre des hausses de taux directeurs raisonnables pour les prochains mois, même si l’incertitude sur le niveau des hausses de taux est anormalement élevée actuellement. Il intègre aussi les risques géopolitiques, si tant est que cela soit possible. En revanche, il nous semble qu’il n’intègre pas suffisamment l’ampleur du ralentissement économique à venir, et son impact sur les bénéfices des entreprises, ni l’absence de soutien des banques centrales si ce ralentissement est plus abrupt qu’attendu. C’est pourquoi nous restons encore prudents sur les actifs risqués.
  • Les premiers indicateurs de confiance pour septembre dans les pays développés confirment le ralentissement économique assez marqué cet été, en particulier en Europe, alors que l’activité est faible mais semble encore résister aux Etats-Unis. Les PMI avancés de S&P pour la Zone Euro et le Royaume-Uni baissent de nouveau et sont clairement en zone de contraction de l’activité en septembre, juste au-dessus de 48pt, alors que le PMI des Etats-Unis rebondit mais reste juste sous la barre des 50pt. Au total, l’Europe est clairement proche de la récession et nous pensons que la dégradation des conditions financières rend une récession aux Etats-Unis difficilement évitable dans les prochains trimestres. Le gouvernement anglais a présenté un budget pour le moins peu orthodoxe et anachronique. Au-delà des mesures d’aides massives pour lutter contre la crise énergétique, le plan prévoit des baisses de taxes massives, les plus importantes depuis 50 ans.
  • Le gouvernement espère que ce plan se finance « tout seul » car il augmenterait la croissance potentielle. C’est très peu probable pour un tel pays, comme l’ont montré les baisses de taxes du Président Trump de 2017. Les marchés ont sanctionné ce plan avec une chute de la livre et une forte hausse des taux d’intérêts, une combinaison qui est rare même dans les pays émergents et qui suggère une forte hausse des primes de risque demandées sur les actions anglaises. Comme le gouvernement ne semble pas reculer et que la Banque d’Angleterre va être dans une situation encore plus difficile à court terme, nous restons plus que prudents sur les actifs britanniques.

Les marchés continuent d’intégrer difficilement les perspectives de resserrement monétaire massif à un moment où les perspectives économiques sont négatives et où les incertitudes géopolitiques restent extrêmes.

Après les actions et discours très durs des banques centrales la semaine dernière,les taux d’intérêts souverains continuent de monter vers de nouveaux plus hauts depuis 2008. Le taux 10 ans allemand dépasse les 2% et le taux 10 ans américain atteint 3,75%. C’est en particulier le cas pour les taux de maturité courte, plus guidés par les banques centrales, de telle sorte que les courbes de taux allemande et anglaise s’inversent comme c’était déjà le cas aux Etats-Unis. C’est le signe d’anticipation de politique monétaire très restrictives.

Les risques géopolitiques restent très élevés avec l’escalade en Ukraine et Russie (mobilisation partielle et votes d’annexation) mais aussi les tensions persistantes au sujet de Taiwan et de la Corée du Sud et, dans une moindre mesure, la victoire de la coalition de droite en Italie. Ajouté aux craintes économiques, cela met encore davantage de tensions sur le marché des changes, avec un Euro et un Yen atteignant des plus bas depuis plus de 20 ans face au dollar, et un Yuan proche de ses plus bas depuis 15 ans.

Finalement, les marchés actions sont orientés à la baisse ce matin après avoir connu leur plus forte baisse depuis juin la semaine dernière (-4,4%).

L’ensemble des actifs financiers continuent de souffrir nettement fin septembre

Les premiers indicateurs de confiance pour septembre dans les pays développés confirment le ralentissement économique assez marqué cet été, même si l’économie américaine semble encore résister. 

Les PMI avancés de S&P baissent de nouveau en Europe et sont clairement en zone de contraction de l’activité, avec des PMI pour la Zone Euro et le Royaume-Uni étant désormais juste au-dessus de 48pt. Les PMI pour les Etats-Unis et le Japon augmentent légèrement en septembre mais ils restent juste sous la barre des 50pt aux Etats-Unis. Côté consommateurs, la confiance baisse à des nouveaux plus bas historiques en Zone Euro et au Royaume-Uni, contrairement aux Etats-Unis où elle s’améliore légèrement grâce à la baisse du prix de l’essence et à la résilience du marché de l’emploi, tout en restant très faible.

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