Les prix des actifs financiers se sont envolés

Les actions, les obligations, l’or et même le bitcoin ont affiché des performances généreuses. Le CAC 40 enregistre une performance annuelle de presque 17% pendant que le Nasdaq, star des indices mondiaux, caracole à +44%. Les obligations d’État américaines ont vu leur taux de rendement passer de 5% à 3,8%. Ainsi, en quelques semaines, les portefeuilles obligataires (obligations souveraines et crédit) ont progressé de quelques pourcents tout en conservant un rendement embarqué toujours confortable. Les chanceux qui peuvent avoir des portefeuilles d’obligations en direct en profiteront.

Ce qui a caractérisé l’année 2023 en bourse est probablement la dispersion des performances de certains secteurs et valeurs (notamment les valeurs technologiques). 2024 pourrait d’ailleurs être une année de rééquilibrage entre les différentes thématiques boursières. Tant que les investisseurs envisagent un atterrissage économique en douceur et une baisse des taux d’intérêt de référence enclenchée par les banques centrales, l’univers d’investissement sera favorable. Ce sera particulièrement le cas pour ceux qui demeurent focalisés sur les niveaux de valorisation des actifs et privilégient les actifs les plus liquides.

Les niveaux de volatilité des actions (VIX[2] à 12x) sont très bas ce qui laisse présager une remontée au cours de l’année (peut-être au cours du premier trimestre) mais c’est le fonctionnement normal des marchés financiers. Quand les banques centrales baisseront leurs taux, les liquidités à taux garanti seront moins rémunérées en 2024. Il faudra donc revenir sur les actifs risqués (actions et obligations d’entreprise) progressivement. Les plus téméraires et les plus avertis l’ont déjà un peu anticipé en 2023.

Si les conflits et les guerres n’ont pas encore altéré le chemin de croissance globale, il ne faut pas nier non plus ces[3] difficultés géopolitiques et les blocages institutionnels dans les démocraties actuelles. D’ailleurs, une des manifestations de ces dysfonctionnements se reflète dans la hausse du prix du fret mondial (Baltic Dry Index[1]) en raison des attaques des rebelles Houthis au Yémen, en mer Rouge. Néanmoins, la traversée de ces différentes « crises » permet aussi de constater que l’économie demeure robuste et que les agents économiques savent et doivent s’adapter.

Un proverbe slave dit : « j’ai essayé de faire au mieux, cela a été comme d’habitude ». En 2024, les investisseurs essaieront de faire donc de leur mieux et il faudra comme d’habitude se débarrasser de ses fausses idées sur la trésorerie, sur les risques et sur l’économie mondiale pour parvenir à faire travailler son épargne… du mieux possible.

Termes et définitions
1. Baltic Dry Index. Le Baltic Dry Index (BDI) est un indicateur économique important, fournissant une évaluation des coûts de transport des principales matières premières par voie maritime.
2. VIX. Le VIX, également connu sous le nom d’indice de volatilité ou d’indice de la peur, est un indicateur…
3. Consumer Expectations Survey ( ces ) Le Consumer Expectations Survey (Enquête sur les Attentes des Consommateurs) est une enquête périodique qui vise à mesurer les attentes et les perceptions des ménages concernant différents aspects économiques, tels que l'inflation, les dépenses de consommation, le revenu disponible, le crédit, l'épargne et l'emploi.
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