Les taux longs américains à 5%, une aubaine ?

Les marchés financiers continuent de vivre les conséquences paradoxalement désagréables de la solidité de l’économie américaine (le PIB devrait croître d’au moins +4% au T3). La baisse des probabilités perçues de récession aux Etats-Unis provoque un réajustement des anticipations de taux d’intérêt, et donc un redressement de la courbe des taux (graphique 1).

Ce redressement est d’autant plus vif que la courbe des taux s’était exagérément inversée au printemps dernier en raison de la crise des banques régionales américaines.
Avec des rendements de 5% sur la partie longue de la courbe, les rendements ont-ils suffisamment monté ? La concurrence du monétaire reste forte, avec des taux à 3 mois à 5,5%, soit 50 points de base au-dessus des taux longs. Les perspectives de hausse des ces taux monétaires sont cependant plus faibles aujourd’hui, la Fed considérant que tout ou presque de son travail est accompli, à condition que l’inflation ne reparte pas à la hausse. Jerome Powell a d’ailleurs confirmé qu’il n’y aurait pas de hausse des taux Fed début novembre.
Comparée à l’inflation anticipée pour les dix prochaines années, les taux réels à long terme se retrouvent, à +2,5%, en haut de la bande de fluctuation des années qui ont précédées la crise de 2008 (graphique 2).

Sur cette mesure, l’attractivité des rendements obligataires américains semble convaincante, à condition là encore que l’inflation anticipée ne monte pas.
Au total, nous considérons que la valorisation des obligations américaines a atteint un niveau cohérent, même s’il n’est pas encore clair, cela constitue une aubaine. L’attractivité des obligations dépendra en effet du timing et de l’ampleur du ralentissement économique à venir, et de la consolidation du processus désinflationniste. Si les taux longs se stabilisent ou se replient, cela devrait stopper la dégradation des conditions financières, et donc la baisse de la valorisation des actions (graphique 3).

Avec un PER en dessous de 14, le MSCI Monde équipondéré n’est plus très loin des niveaux de valorisation observés brièvement fin 2018 et à l’automne 2022.
Dans cet environnement, nous conservons une allocation neutre sur les actions dans notre fonds diversifié « Dorval Global Allocation », mais passons légèrement en dessous du neutre pour le fonds « Dorval Global Conservative ». Nous maintenons une duration obligataire désormais positive mais encore assez modeste. Notre moteur de rendement régulier reste le monétaire.

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