Industrie automobile | La revue de presse économique et financière

Lettre hebdomadaire Dorval AM

Agence SAND
Si la maitrise de l’épidémie est évidemment très positive pour l’économie mondiale, elle a aussi son revers de la médaille. Les fortes tensions sur les prix perturbent en effet les investisseurs, et certaines banques centrales vont devenir un peu moins accommodantes.

La course à la reconstitution des stocks et les pénuries en tous genres sont le prix à payer pour la fin de la crise du Covid. Les hausses des prix qui en découlent sont parfois spectaculaires, mais ce type de choc n’est en rien inédit après une crise. Des phénomènes similaires se sont par exemple produits en 2010/2011, une fois la très sévère récession de 2008/2009 passée (graphique 1). Durant ces phases, les salaires réels baissent, la croissance de la production est limitée, surtout dans l’industrie, et les chaines logistiques mettent du temps à se normaliser. Il ne s’agit en rien d’une inflation macroéconomique, c’est-à-dire autoentretenue, mais d’un réajustement de prix relatifs dû aux goulets d’étranglements dans certains secteurs. Au vu de l’ampleur du choc, on sait qu’il faudra être parfois très patient avant que le rééquilibrage entre offre et demande ne s’opère. Les chiffres de l’inflation seront donc élevés pendant de nombreux mois encore.

C’est particulièrement le cas dans l’automobile, où un choc historique est à l’œuvre à cause du manque de composants électroniques et de semiconducteurs. En zone euro le niveau des stocks de véhicules est tombé à des niveaux spectaculairement bas chez les concessionnaires (graphique 2). Dans la moyenne des autres secteurs, en revanche, la situation semble similaire à ce qu’elle était en 2010/2011, en tous cas pour l’instant.

En Asie les mauvaises nouvelles en provenance de Chine ont dominé l’actualité des dernières semaines. A l’affaire Evergrande, qui entraînera des conséquences négatives pour le secteur immobilier, succède une pénurie d’électricité aux causes diverses (manque de charbon, limitation des émissions de CO2 des centrales thermiques, etc.). A court terme les conséquences seront négatives pour certaines usines qui doivent limiter leurs activités, ce qui aggrave encore les tensions sur les chaines de production mondiales. Cependant, ces mauvaises nouvelles sont contrebalancées par l’évolution favorable de l’épidémie en Asie. Ces progrès ont permis au PMI chinois des services et au PMI manufacturier des pays de l’ASEAN de se redresser vivement au mois de septembre (graphique 3). C’est cette fois une bonne nouvelle pour les chaines de production, et pour le PIB mondial.

Au milieu de ce flux de nouvelles contradictoires, et alors que les discussions budgétaires américaines s’éternisent, la volatilité des marchés financiers s’est nettement accrue. L’attitude des banques centrales face à une inflation plus forte que prévue est scrutée avec attention. Celles-ci continuent logiquement à considérer cette inflation comme transitoire, et répètent à qui veut l’entendre que la politique monétaire n’a pas à répondre à des chocs d’offre. Tout le monde se souvient de l’erreur de la Banque centrale européenne qui avait resserré trop tôt sa politique monétaire en 2011. Néanmoins, la Réserve Fédérale a déjà annoncé qu’elle allait bientôt commencer à ralentir ses achats d’actifs, ce qui introduit un doute dans l’esprit de certains investisseurs. Face à la volatilité des marchés, nous avons tactiquement réduit notre exposition au marché dans nos fonds flexibles, tout en gardant un niveau cohérent avec notre scénario positif pour l’économie mondiale et modérément positif pour les marchés des actions à moyen terme.

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