Avertissement

Les informations fournies sur fibee.fr ne doivent en aucun cas être considérées comme une invitation à investir, un démarchage ou un conseil financier. Les articles ou communications publiés sur le site ne peuvent être considérés comme une incitation à proposer ou investir au public dans des produits financiers ou d’assurance. Fibee.fr rappelle aux utilisateurs que les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Fibee.fr ne peut se substituer à l’utilisateur pour vérifier si les produits d’investissement présentés sur le site répondent à ses besoins et l’invite à se faire assister par ses conseillers professionnels.

L’euro perd son statut de monnaie forte et c’est un sujet

Très tôt après sa création, l’euro a profité d’un statut de monnaie refuge et, au grand dam de la plupart des industriels régionaux, de celui de monnaie forte qui allait avec.

Malgré les crises existentielles récurrentes, la confiance dans la monnaie unique a réussi à être préservée pour deux bonnes raisons :
– une banque centrale européenne bâtie sur le modèle de l’allemande Bundesbank, temple de la rigueur monétaire censé garantir une protection infaillible contre l’inflation, unique objet de sa responsabilité ;
– des excédents courants structurellement élevés, fruits de la puissance industrielle de l’Allemagne, que le vieillissement démographique dont l’effet premier est de peser sur la demande domestique, semblait en mesure de pérenniser, a l’instar du Japon ou de la Suisse.

Deux années de crise sanitaire et l’invasion russe de l’Ukraine ont fait voler en éclat ces deux piliers de stabilité et il n’en a pas fallu davantage pour faire décrocher la monnaie unique, en particulier vis-à-vis du dollar américain contre lequel elle a perdu plus de 10 % depuis le début de l’année.

Après avoir pendant longtemps espéré une dépréciation de la monnaie unique pour contrer le dépérissement de l’industrie locale et mettre fin aux politiques compétitives endogènes éminemment déflationnistes, la chute de l’euro devrait réjouir. Tel est pourtant loin d’être le cas.

Non seulement sa baisse arrive au pire moment, celui où la région n’a jamais été aussi dépendante de ses approvisionnements étrangers en produits de première nécessité, l’énergie notamment, mais elle révèle avec fracas ses fragilités économiques fondamentales, en tout premier lieu celles de l’Allemagne, en même temps que l’effacement de l’Europe de la scène mondiale ; des sujets assurément préoccupants pour l’avenir qui supplantent largement les faibles avantages conjoncturels que l’on peut escompter de la dépréciation de l’euro dans un contexte d’inflation et de déprime probablement durable de la demande internationale.

Auteur

  • Véronique Riches-Flores

    Véronique Riches-Flores est économiste indépendante, diplômée de l’Université de Paris I, fondatrice et Présidente de RichesFlores Research. Son expérience dans le milieu académique -Observatoire Français des Conjonctures Economiques-, et dans la Banque d’Investissement -en tant que chef économiste chez SG CIB de 1994 à 2012, lui permet de garantir une production spécialement adaptée aux besoins des professionnels de la gestion d’actifs et des grandes entreprises.

Total
0
Shares
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Prev
La Finance en 2040 vue par les experts : Nicolas Dubourg
Nicolas Dubourg | Les actualités économiques et financières

La Finance en 2040 vue par les experts : Nicolas Dubourg

J’ai connu Nicolas Dubourg lors de mon passage chez Edmond de Rothschild Asset

Next
Le kiosque éco du 11/07/2022
Le Journal de l'Economie

Le kiosque éco du 11/07/2022

Tous les matins de la semaine, François Geffrier aborde différentes thématiques

You May Also Like