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L’Europe ne s’en sort pas si mal pour l’instant

Les indicateurs PMIs avancés pour le mois de décembre sont rassurants en dehors des Etats-Unis, soutenant l’idée que la récession cet hiver pourrait être bien plus limitée que ce qu’on pouvait craindre en Europe. En effet, les PMI rebondissent pour le deuxième mois consécutif en Zone Euro et au Royaume-Uni à des plus hauts depuis l’été, autour de 49pt.

  • ’ils restent en zone de contraction de l’activité sous les 50pt, cela suggère que la baisse d’activité est très limitée. Le mauvais côté pour les marchés est que, si l’activité résiste parce que les aides budgétaires et la force du marché de l’emploi compensent en partie le choc énergétique, cela peut pousser les banques centrales à en faire encore davantage, ce qui augmente le risque d’une croissance plus molle après l’été prochain.
  • Au contraire, le PMIs de S&P global pour les Etats-Unis baisse de nouveau fortement en décembre à un niveau très faible (44,6pt). Nous sommes perplexes quant à cet indicateur car il suggère que les Etats-Unis sont en récession depuis l’été, ce qui n’est pas le cas. De plus, le PMI de S&P global est bien plus faible que les autres indicateurs coïncidents de l’activité comme l’ISM qui indiquait encore une croissance résiliente en novembre. Cela dit, les données économiques déçoivent depuis une semaine aux Etats-Unis pour la première fois depuis septembre avec une baisse des ventes au détail et de la production industrielle en novembre. Cela pourrait suggérer que l’économie va finalement ralentir début 2023. Cela dit, la Fed a été claire sur le fait qu’un ralentissement économique ne serait pas suffisant pour qu’elle adopte une politique monétaire moins restrictive, s’il ne s’accompagne pas d’une détente du marché de l’emploi et des prix dans les services, ce qui prendra plus du temps.
  • La Réouverture de la Chine est compliquée, comme on pouvait le craindre. Le nombre de victimes du Covid à Pékin augmente fortement d’après des sources non officielles et une nouvelle vague à Shanghai force les autorités à fermer la plupart des écoles cette semaine. Alors que l’activité économique est extrêmement faible fin 2022, nous pensons que la reprise de l’activité chinoise, grâce à l’assouplissement des politiques covid et au soutien au secteur immobilier, sera très graduelle, parce que soit les autorités ne réouvriront que progressivement l’économie, soit la population sera très prudente. La bonne nouvelle est que cela limite la pression sur les prix du pétrole, qui finissent l’année à un niveau proche de leur niveau d’il y a un an (sous les 80 dollars par baril).

Fig. 1 Zone Euro :  Les PMIs rebondissent depuis deux mois et suggèrent une baisse très limitée de l’activité cet hiver.

Energie:  le prix du pétrole a continué sa baisse alors que les prix du gaz en Europe se sont remis à monter

Les indicateurs PMIs avancés pour le mois de décembre sont rassurants en dehors des Etats-Unis, soutenant l’idée que la récession cet hiver pourrait être bien plus limitée que ce qui était craint en Europe. En effet, les PMIs rebondissent pour le deuxième mois consécutif en Zone Euro et au Royaume-Uni à des plus hauts depuis l’été, autour de 49pt. S’ils restent en zone de contraction de l’activité sous les 50pt, cela suggère que la baisse d’activité est très limitée.
En termes de secteurs, l’activité se contracte moins vite dans l’industrie, grâce à la baisse des tensions sur les chaînes de production et sur les prix des matières premières, mais surtout dans les services. Cela montre que la baisse des tensions sur l’énergie et les soutiens budgétaires massifs limitent la baisse de la demande domestique.

Fig. 2 Zone Euro : Les PMIs rebondissent dans tous les pays sauf en France.

Etats-Unis: La confiance mesurée par l’Université du Michigan rebondit mais reste à des niveaux très déprimés alors que la consommation tient toujours

En termes de géographie, le rebond des PMIs est guidé par l’Allemagne et le reste de la Zone Euro (probablement l’Italie), en particulier dans les services. Cela supporte l’idée que le soutien budgétaire joue un rôle important après que ces pays aient été les plus impactés par le choc énergétique cet été. Au contraire, le PMI français baisse nettement en décembre et passe en dessous de la moyenne de la Zone Euro (à 48pt) pour la première fois depuis le début de l’année. Cela suggère que l’activité en France souffre également après avoir bien résisté jusque-là, peut-être à cause des tensions spécifiques sur l’électricité et du ralentissement de ses voisins. Cela dit, l’enquête de l’INSEE pour décembre est plus positive, avec des indicateurs stables encore au-dessus de leur moyenne de long terme pour l’industrie comme pour les services. Au total, nous pensons que l’activité en France devrait stagner plutôt que se contracter cet hiver, sauf si des rationnements sur l’électricité deviennent nécessaires.

En dehors de l’Europe, le PMI japonais revient à la neutralité (50pt) car la reprise de la demande domestique compense le ralentissement du cycle industriel global.

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