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L’Europe peut limiter l’impact de la crise énergétique, pas l’éviter

L’appétit pour le risque se stabilise un peu après la forte correction des marchés depuis mi-août, aidé par les signes de résilience de l’économie américaine et la baisse du prix de l’énergie en Europe. Les marchés actions ont rebondi de 3% après 3 semaines de forte baisse et malgré la poursuite de la hausse des taux d’intérêts, poussée par des actions et des discours toujours très durs des banques centrales. En effet, après la hausse de 75pb de taux de la BCE la semaine dernière, les discours des membres de la Fed suggèrent qu’une nouvelle hausse de 75pb de son taux est probable la semaine prochaine.

  • Pourtant, la toile de fond macro ne s’améliore pas. Donc, est-ce parce que les marchés ont finalement intégré toutes les mauvaises nouvelles et les risques ? Nous pensons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont dans les prix, mais probablement pas toutes. Surtout, il nous semble que le marché est encore très (trop) confiant sur la capacité des banques centrales à reprendre le contrôle sur les pressions inflationnistes rapidement sans être forcé de faire baisser l’activité et les marchés davantage. Dans ce contexte, nous restons prudents et favorisons encore des positions défensives sur les différentes classes d’actifs.
  • La bonne nouvelle du week-end est la baisse du prix du gaz en Europe après que les ministres de l’énergie de l’UE se soient mis d’accord sur la nécessité de mettre en place des interventions d’urgence tels que des plafonnements temporaires du prix du gaz ou une taxe exceptionnelle sur les entreprises énergétiques. Mais ils ne se sont pas mis d’accord sur des mesures précises, ni sur l’imposition de réductions obligatoires de la demande. Ils ont repoussé le problème sur la Commission en lui demandant de proposer des mesures. Trouver un accord sur des mesures concrètes risque d’être long et compliqué entre les 27 états qui ont des mix énergétiques et des approvisionnements très différents. Au total, nous continuons d’anticiper une récession légère en Europe fin 2022/début 2023.

  • Les tensions géopolitiques restent très élevées, et pourraient maintenir une forte volatilité sur le marché des changes. La guerre en Ukraine reste intense. Les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine devraient se rencontrer en personne à la fin de la semaine, ce qui ne va pas améliorer les rapports Sino-américains. Par ailleurs, les pays européens émettent des doutes sur les chances qu’un accord avec l’Iran puisse être trouvé, ce qui n’est pas positif pour l’offre de pétrole en 2023.
  • Sur le plan des données économiques, les dernières données en provenance de Chine confirment la faiblesse de la reprise chinoise.

L’appétit pour le risque se stabilise un peu après la forte correction des marchés depuis mi-août, aidé par les signes de résilience de l’économie américaine et la baisse du prix de l’énergie en Europe. Les marchés actions ont rebondi de 3% après 3 semaines de forte baisse et malgré la poursuite de la hausse des taux d’intérêts, poussés par des actions et des discours toujours très durs des banques centrales. Les taux d’intérêts à deux ans, qui reflètent les anticipations de taux directeurs, atteignent des nouveaux plus haut depuis plus de 10 ans et les taux d’intérêts à 10 ans sont proches de leur point haut de mi-Juin (c-a-d quand les marchés d’actifs risqués étaient au plus bas).

Marché : léger rebond des actions la semaine dernière malgré la poursuite de la hausse des taux d’intérêts

Pourtant, la toile de fond macro ne s’améliore pas. Est-ce donc parce que les marchés ont finalement intégré toutes les mauvaises nouvelles et les risques ? C’est la grande question pour les investisseurs, car cela impliquerait que les marchés pourraient se stabiliser voire commencer à rebondir.

Nous pensons que beaucoup de mauvaises nouvelles sont dans les prix, mais probablement pas toutes. Les valorisations des actifs risqués ont nettement baissé depuis le début de l’année depuis des niveaux extrêmement élevés en 2021, et sont désormais à des niveaux qui nous semblent raisonnables. Ainsi le ratio prix sur profits anticipés est revenu à son niveau pré-Covid pour les actions américaines et au plus bas depuis 2013 pour les actions de la Zone Euro. Le dérating des actions est positif pour leur rendement futur, même si les valorisations ne sont pas extrêmement faibles historiquement et qu’elles ne sont pas historiquement un bon signal d’achat à court terme.

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