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L’évolution de l’inflation restera incertaine pour les trimestres à venir

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Politique : Alors que les propositions de l’administration Biden pour des vastes dépenses en infrastructures et de sociales de 4000 milliards de dollars pour les 10 prochaines années semblaient assez compromises, la semaine dernière une petite lueur d’espoir a resurgit après l’accord entre des Démocrates et Républicains au Sénat pour un projet d’infrastructures de   579 milliards de dollars. Ceci a été accueilli favorablement, même si les Démocrates à la chambre de représentants restent focalisées sur un programme beaucoup plus ambitieux, en partie sur le plan social. Il est difficile de penser que rien ne sera fait. Néanmoins, le passage d’un programme aussi ambitieux que prévu par l’équipe du président semble peu probable à ce stade. Le plus probable est que des décisions seront prises cet été avant le mois d’août.  Les négociations sur les hausses d’impôts, notamment sur les sociétés, prévues dans les propositions précédentes restent elles au point mort.

En Zone Euro, après l’adoption du plan de relance européenne par tous les pays membres, on a pu constater que le Commission Européenne semble aller assez vite dans l’approbation des plans soumis par les pays de la zone. En effet, la majorité des plans a déjà reçu un avis favorable. Ceci devrait être validé par le Conseil Européen, ce qui devrait permettre très vite les premiers déboursements. Ainsi, la bonne surprise est donc que le soutien européen arrivera plus vite que prévu. Dès cet été, les pays devraient commencer à utiliser les fonds. Ceci devrait bien soutenir la reprise dans les pays de la périphérie, notamment en Espagne et en Italie, mais aussi la France, qui sont parmi les plus grands bénéficiaires. La contribution du plan à la croissance du PIB de la Zone devrait se situer autour de 0,5% du PIB, voire légèrement plus, sur 2021-2022.

Marchés : Les bourses restent au plus haut avec le retour de l’appétit pour le risque. Cette évolution tient beaucoup à la dissipation des inquiétudes sur un éventuel changement dans la stratégie de la Fed. Néanmoins, le marché a bien intégré que compte tenu de l’évolution plus favorable que prévu de l’économie américaine, la politique monétaire pourrait commencer à être normalisée très graduellement plus tôt qu’envisagé.

Évidemment, des incertitudes persistent sur l’évolution de la dynamique de la croissance aux Etats-Unis à partir de la fin d’année, une fois que les soutiens budgétaires massifs qui avaient été mis en place en début d’année vont se dissiper. Néanmoins, compte tenu des évolutions récentes et la pression que la demande continue à exercer sur l’offre, le vent reste porteur pour que la croissance reste solide, même si les contraintes qui pèsent aujourd’hui à l’expansion de l’offre peuvent modérer cette dynamique. Cette semaine, on aura un nombre important de statistiques concernant l’activité. Les chiffres de l’emploi américain, même s’ils peuvent encore nous réserver des surprises, notamment avec ces contraintes qui pèsent sur l’offre, devraient tout de même confirmer que la tendance à l’amélioration du marché du travail est toujours là.

Mais, la plus grande inconnue, et celle qui continue à occuper les discussions de marché, est bien celle de l’inflation. Le marché reste sur sa position des hausses de prix temporaires liées aux effets de base et au goulot d’étranglement associée à la sortie de crise. Malgré cette forte conviction, qui malgré quelques nuances, continue aussi à être soutenue par la Fed, Il est bien trop tôt pour être certain que le niveau d’inflation va rapidement baisser vers 2% en 2022, sans qu’aucun ajustement soit fait au niveau de la politique économique, si ce n’est un soutien budgétaire moindre. La possibilité que l’inflation reste plus élevée n’est pas faible. La dernière livraison sur l’évolution du déflateur de la consommation (PCE) pour le mois de mai, qui est l’indicateur suivi par la Fed, est ressortie en ligne avec les attentes et en cohérence avec les tendances déjà reflétées dans l’indice des prix. Par ailleurs, comme on pouvait s’y attendre, l’enquête auprès des ménages de l’U. du Michigan a vu de nouveau un léger sursaut des anticipations d’inflation.

L’inflation reste une des principales inquiétudes des investisseurs, notamment à cause des fortes contraintes au niveau de l’offre que la sortie de crise sanitaire provoque. Aux Etats-Unis, la dernière livraison du déflateur de la consommation des ménages (PCE) est ressortie comme attendu, en très forte hausse. Cette hausse reflète évidemment des forts effets de base compte tenu du recul extraordinaire des prix l’année dernière. Néanmoins, la sortie atypique de la crise sanitaire a créé des situations inédites dans nombre d’industrie avec des goulots d’étranglement très forts au niveau de la production. Beaucoup d’entre eux vont se dissiper avec le temps. Néanmoins, ils difficile de prévoir quand et surtout les dynamiques que ceci pourrait créer dans les comportements des agents économiques, notamment des entreprises. Celle-ci semblent de plus en plus inclines à augmenter leurs prix.

Comme nous l’avons souligné à maintes reprises, la « sur-stimulation »   de l’économie par une politique économique très agressive afin de ramener rapidement le niveau de demande au niveau qui prévalait avant la crise est susceptible de créer une situation de surchauffe et pousser les prix à la hausse. Une situation qui pourrait perdurer plus longtemps que prévu.

Il est encore trop tôt pour vraiment appréhender les dynamiques en place et être certains, comme pourtant le souligne la Fed, que tout ceci va se dissiper rapidement. En ce sens, il faudra suivre l’évolution des salaires dans les industries en tension, car on pourrait voir là une dynamique qui pourrait entretenir l’inflation à un niveau bien plus élevé qu’anticipé pour bien plus longtemps qu’envisagé aujourd’hui.

Etats-Unis : La hausse de l'inflation va-t-elle perdurer plus longtemps que prévu ?

Un élément clé pour le marché et pour la Fed est évidemment l’évolution des anticipations d’inflation. Comme nous le savons, la forte baisse que nous avions constaté sur les anticipations au niveau du marché obligataire ces dernières semaines s’est corrigée quelque peu et s’est repartie à la hausse. Néanmoins, elles restent relativement contenues, mais si bien plus élevées que sur ces dernières années.

Au niveau de la population au sens large, on ne peut que suivre les quelques enquêtes faites auprès des ménages. Celle de l’U. du Michigan pour le mois de mai, dans son estimation finale, pointe bien que les anticipations des ménages restent très élevées sur l’évolution de l’inflation sur l’année à venir. A plus long terme, comme dans le marché obligataire, elles restent contenues, même si plus élevées que par le passé.

Le débat sur l’inflation, notamment aux Etats-Unis ne risque pas de se dissiper d’ici tôt.

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