L’hiver doux a sauvé l’Europe

Une fin d’année 2022 exceptionnellement douce et un hiver chaud ont permis à l’Europe d’éviter une pénurie d’énergie. En Europe centrale, les températures ont été supérieures de 5 à 10 °C à la normale, ce qui a réduit les besoins en chauffage et les coûts énergétiques. Les stocks de gaz sont restés élevés pour cette période de l’année et les prix de l’électricité sont tombés en dessous des niveaux d’il y a un an.

Grâce à ces conditions favorables, la situation des ménages et des entreprises s’est améliorée, et l’espoir d’une amélioration des perspectives s’est renforcé. Les prévisions pour l’activité de l’industrie industrielle allemande ont continué à augmenter en février, atteignant 91,1 points contre 90,1 points en janvier. L’indicateur de confiance des consommateurs de l’UE a continué à s’améliorer pour le cinquième mois consécutif, et l’inflation dans la zone euro a également baissé un peu plus que prévu, pour atteindre 8,5 %. 

L’inconvénient du temps chaud est l’aggravation de la sécheresse. Les précipitations sont restées très faibles en Europe centrale, ce qui pèse sur l’approvisionnement en eau, l’agriculture et les transports. L’augmentation des impacts climatiques pourrait devenir significative lorsque la période de croissance reprendra.

Croissance, pas de croissance, en fait si, croissance…

Les prévisions économiques mondiales ont beaucoup évolué depuis le début de l’année. Un atterrissage en douceur semblait encore possible au début du mois de février, et les chiffres macroéconomiques encourageants mettent un terme à toute idée de récession. Aux États-Unis, les données relatives à l’emploi ont surpris par leur vigueur : 517 000 nouveaux emplois ont été créés en janvier et le taux de chômage est désormais à son niveau le plus bas depuis 53 ans. 

Selon les économistes, la menace imminente d’une récession s’éloigne et une sorte de reprise en ce début 2023 se profile à l’horizon. La réouverture de la Chine, la baisse des prix de l’énergie, une inflation modérée, une consommation robuste et une croissance saine de l’emploi semblent avoir mis un terme au ralentissement mondial, du moins pour l’instant.

En janvier, l’indice des prix à la consommation[1] a baissé comme prévu aux États-Unis, mais l’inflation sous-jacente[2] semble s’être enracinée dans l’économie plus profondément que beaucoup ne l’espéraient. Son ralentissement reste en deçà des objectifs fixés par la Fed. Les consommateurs américains semblent bien se porter , mais l’augmentation de l’emploi est trop forte en comparaison de  l’offre de travail.

Alors que le président de la Fed, Jerome Powell, s’est montré quelque peu prudent en réitérant son message sur les hausses de taux, les commentaires d’autres membres du Conseil ont semblé plus optimistes et ont fait réagir les marchés de taux. Les marchés à terme prévoient des hausses de taux de la Fed beaucoup plus élevées et plus tardivesdans l’année qu’au début du mois de février. On s’attend désormais à ce que la Fed continue à relever ses taux d’intérêt jusqu’en août, pour les porter à environ 5,25 %.

Les rendements obligataires à deux ans ont atteint de nouveaux records pluriannuels aux États-Unis et en Allemagne. Les taux d’intérêt à dix ans ont dépassé leurs niveaux du début de l’année, le taux allemand atteignant un nouveau sommet de 2,63 % au début du mois et poursuivant son ascension en mars. Le taux d’intérêt américain à dix ans reste inférieur à ses sommets d’octobre, bien qu’il ait également augmenté de 0,4 point de pourcentage en février.

Des performances faibles mais pas désastreuses

Pour la première fois depuis 2020, la croissance des bénéfices est devenue négative au quatrième trimestre, tant aux États-Unis qu’en Europe. En particulier, les marges ont été plus faibles que prévu et les entreprises sont également prudentes, évoquant un affaiblissement de la demande à l’avenir. Les bénéfices ne chutent toutefois pas brutalement, et si la croissance des bénéfices s’estompe, elle est loin de la tendance à laquelle on pourrait s’attendre en cas de récession. Néanmoins, les prévisions de bénéfices des analystes sont toujours orientées à la baisse.

Les performances des marchés boursiers ont été mitigées. L’indice OMX Nordic 40 a augmenté de 3,8 % en février et l’indice MSCI Europe de 1,4 %. L’indice MSCI Amérique du Nord n’a augmenté que de 0,3 % en euros, et l’indice MSCI Chine a chuté de 12,2 %, entraînant une baisse de 5,7 % de l’indice des marchés émergents. Le Japon a chuté de 1,9 %. 

La correction du marché chinois a été provoquée par un redressement après le fort rallye[3] observé plus tôt dans l’année et par une nouvelle montée des tensions entre les États-Unis et la Chine à propos de l’Ukraine.

Termes et définitions
1. indice des prix à la consommation. L’indice des prix à la consommation (IPC) est un indicateur économique qui mesure l’évolution des prix des biens…
2. Inflation sous jacente ( inflation sous-jacente ) L’inflation sous-jacente, également connue sous le nom d’inflation core ou d’inflation de base, est une mesure de l’inflation…
3. Rallye boursier ( rallye ) Un rallye boursier est un mouvement haussier soutenu et durable des cours des actions sur un marché boursier,…
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