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L’indice de force relative : une force à relativiser !

L’objet de cet article est de prendre du recul sur l’un des indicateurs oscillatoires les plus fréquemment utilisés en analyse technique et graphique des actifs boursiers : l’indice de force relative, plus communément reconnaissable par son acronyme RSI (relative strenght index), conceptualisé, développé et popularisé par J Welles Wilder Jr à la fin des années 1970.

De quoi s’agit-il ?

Au même titre que l’indicateur stochastique, entre autre exemple, l’indicateur RSI est un outil d’analyse technique de type oscillatoire, à savoir qu’il forme au cours du temps des « oscillations », en navigant en direction d’une borne haute, puis en direction d’une borne basse, en alternance.

Il s’agit donc d’une courbe, qui se lit en parallèle des cours (voir l’exemple graphique ci-dessous). Cette courbe est la traduction graphique d’une fonction de la dynamique des cours. La formule en est la suivante :

RSI de paramètre P=100-(100/(1+M)), avec M= moyenne des clôtures en hausse / moyenne des clôtures en baisse, sur les P dernières séances.

Ainsi, le RSI oscille entre 0 et 100, extremums qu’il ne touche en réalité jamais. Il peut y tendre rapidement en cas d’accélération haussière (100) ou baissière (0) brutale.

L’indicateur doit être paramétré : on trouve traditionnellement 14 jours par défaut, sur les logiciels d’analyse technique, mais on peut le paramétrer à sa guise, à 07, ou 21 jours par exemple.

Il suffit enfin de définir une borne haute déclenchant l’alerte d’entrée en surachat (70 ou 80, par exemple) et une borne basse déclenchant l’alerte d’entrée en survente (20 ou 30 par exemple). Les valeurs 30 et 70 sont usuelles pour un RSI de paramètre P=14, que nous utiliserons par la suite et pour que appellerons par commodité RSI(14).

Une image valant mille mots…

Voici le graphique de l’action Saint Gobain, en bougies quotidiennes, présenté avec les volumes de transactions et le RSI(14) :

Passage du RSI14 en zone de surachat (>70), le mercredi 12 janvier 2022 sur l’action Saint Gobain, suivie d’une décrue des cours. Source : Prorealtime -IT Finance.

Quelques pistes d’interprétation :

Lorsque le RSI entre en zone de surachat, il indique à l’investisseur que l’actif à de plus en plus de mal à inscrire régulièrement, et dans une proportion suffisante, de nouveaux points hauts : le mouvement acheteur s’essouffle. Et un signal de vente peut intervenir lorsque le RSI repasse sous la ligne d’alerte. A l’inverse, lorsque le RSI entre en zone de survente, il indique à l’investisseur que le mouvement de dégagement entame une phase progressive de décélération, laissant entendre que la pression vendeuse diminue.

L’indicateur ne se lit pas en valeur absolue, mais dans sa dynamique. Comment entre-il en zone de surachat ? Comment en sort il ? Existe-t-il une divergence entre sa dynamique et celles des cours ? Comment réagit-il au voisinage de la zone de neutralité (50) ? Quelle est sa vitesse, voire son accélération d’une borne à l’autre, pour mesurer les variations de momentum, etc… Autant de questions à se poser en regardant la courbe RSI.

Pourquoi le « relativiser » ?

Déjà parce qu’il ne constitue pas une martingale, comme aucun autre indicateur boursier du reste !

Ensuite parce qu’il peut envoyer pléthore de faux signaux, qui incitent l’investisseur trop focalisé sur le RSI à sortir trop tôt d’une position, alors que la pleine tendance haussière est installée.

Il ne doit pas s’analyser seul, mais en complément d’une vision d’ensemble d’autres indicateurs et surtout des volumes de transactions, qui eux aussi, font sens quand il s’agit de parler d’un « essoufflement » de mouvement, et d’un accompagnement, par le niveau de participation, d’un momentum.

Enfin, à bien décortiquer la mécanique de l’indicateur, il ne fait que traduire, sous une autre forme, l’allure des cotations. Dans le sens où la formule ne fait que « cuisiner » un seul ingrédient, à savoir les derniers prix de clôture. En un sens, un œil d’analyste exercé est à même, en regardant un graphique boursier, d’imaginer immédiatement l’allure de la courbe RSI correspondante… En définitive, les mouvements d’essoufflement et de momentum se « voient » directement sur les graphiques en données de clôture.

Le RSI ne nous servirait donc à rien ?

A jeter aux oubliettes ?

Pour autant, et s’il n’est pas utilisé comme une formule magique – attention danger ! -, le RSI peut trouver sa place judicieusement dans une étude technique.

En cas d’idée baissière sur le marché par exemple, et à des fins de tri rapide et automatisé de valeurs sur lesquelles prendre ses bénéfices, un « filtre » RSI appliqué à l’ensemble des actions d’un portefeuille, permet de visualiser celles pour lesquelles l’essoufflement du camp acheteur est plus précoce, ou plus fort que pour le reste du marché.

L’effet d’amplification de la baisse de l’indice de marché sur ces valeurs identifiées en amont, sera alors plus fort. L’objectif étant de déterminer les actions qui ont les probabilités les plus grandes de baisser plus fort et plus vite que le reste du marché.

Alexandre TIXIER pour Fibee

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