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L’inflation accélère bien plus qu’attendu

Aux Etats-Unis, l’inflation a surpris fortement à la hausse en avril. 

En effet, alors que le Consensus des économistes n’attendait qu’une hausse de 0,2% sur le mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,8%. A cette très forte hausse a contribué notamment la montée de 10% du prix des véhicules d’occasion. Ainsi, les tensions qui s’exercent sur la production de voitures en ce moment aux Etats-Unis, suite aux pénuries de semi-conducteurs qui restreignent la production, semblent bien s’être reportées aussi sur les prix des véhicules d’occasion. Cette hausse, la plus forte depuis 1953 !, représente plus du tiers de la hausse de l’indice total. En fait cette hausse, ainsi que des hausses dans d’autres produits, s’est traduit par la plus forte progression mensuelle de l’indice dit cœur, c’est-à-dire celui qu’exclut les aliments et l’énergie, c’est-à-dire les produits les plus volatiles de l’indice, depuis 1982 !

Au-delà de la hausse spectaculaire, la vraie question est de savoir si l’inflation va accélérer bien davantage de ce que le marché avait déjà anticipé.  A ce stade, il est encore difficile de le dire, néanmoins, il est évident que les hausses des prix vont aujourd’hui bien delà des simples effets de base. Les tensions qu’exerce une de demande très forte sur l’appareil productif américain devrait se traduire encore par des hausses de prix.

La hausse de prix de production pour le mois d’avril a continué à souligner ces tensions, qui poussent les producteurs à augmenter leurs prix. La progression du prix de production des produits finis, hors aliments et énergie a été de 4,1% en glissement annuel, avec une hausse sur le mois de 0,7%. Il est encore trop de dire si ces hausses seront passées de manière plus importante que par le passé aux prix de consommation. Néanmoins, le risque qu’encore plus de mauvaises surprises surviennent dans les mois à venir existe.

Evidemment, l’argument qui continue à dominer est celui d’un marché du travail toujours convalescent. Ainsi, tant qu’il n’y a pas de pression généralisée sur les salaires l’inflation restera faible. Les mois qui viennent pourraient venir changer cette logique. Rappelons-nous que nous sommes dans une expérimentation un peu inédite aux Etats-Unis où la politique économique vise à pousser l’économie vers une surchauffe temporaire afin d’assurer un retour vers l’emploi plus rapide et mieux encrer les anticipations d’inflation. Il est toujours possible que cette expérimentation réussisse, mais entretemps le marché sera confronté à bien des surprises et les anticipations pourraient déraper. Pour l’instant, même si les anticipations d’inflation sur le marché ont progressé, telles qu’on peut les lire sur le marché obligataire, elles restent relativement contenues, même si au plus haut depuis de nombreuses années.

Pour les marchés, d’après nous, la logique de la reflation reste la thématique dominante, d’autant plus que les autorités monétaires devraient encore rester attentistes devant les signaux économiques. La Fed ne devrait pas ajuster sa politique et entamer un débat, nécessaire, sur la réduction de sa stimulation monétaire rapidement. En retardant ce débat, le marché devrait encore bénéficier de cette abondance de liquidité dans des économies développées qui rebondissent en sortant progressivement de la crise sanitaire.

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